The Sufferer & the Witness – Rise Against

Rise Against Sufferer WitnessSorti le 4 juillet 2006

Mettons tout de suite quelque chose au clair ici. Si vous avez trouvé que Siren Song of the Counter Culture prenait un virage commercial à cause de la chanson Swing Life Away, vous risquez de vous arracher les cheveux avec Roadside qui se trouve sur The Sufferer & the Witness, le 4e album du groupe punk-rock américain. Le virage légèrement plus rock que punk qu’a pris le groupe avec l’album précédent se confirme ici et semble se préciser.

Néanmoins, il serait faux de dire que le groupe devient juste commercial. Sur l’album, il explore diverses avenues et atteindra un public légèrement différent du style plus punk des premières années. En fait, on a réalisé que le message n’avait pas nécessairement à être crié sur de la musique rapide pour passer, et c’est bien comme ça. Bref, dans l’album, on touche à des pièces qui restent finalement encore très punk, à des chansons au refrain accrocheur mais encore assez rock dans le style, à des compositions complexes qui déstabilisent momentanément l’oreille et à une ballade, très belle, mais qui ne fait pas très Rise Against (nous y reviendrons). The Sufferer & the Witness est donc un album très chargé et extrêmement difficile à résumer adéquatement.

Les premières chansons de l’album n’offrent aucune surprise musicalement, se tenant dans un style punk-rock similaire à ses deux précédents albums. Puis vient Ready to Fall, qui combine des éléments agressifs à un refrain aux sonorités plus commerciales, avec quelques chœurs et une voix généralement claire. Quoi qu’on en dise, le message passe finalement assez bien, ce qui est une bonne chose pour un band comme Rise Against qui aime transmettre quelque chose à travers sa musique et ses paroles.

Là où le groupe semble oser plus, c’est dans des chansons comme Under the Knife, où les mesures semblent incertaines, les parties musicales moins bien définies. Peut-être que les non musiciens n’y verront que du feu, mais il n’en faut pas beaucoup pour avoir un léger doute, quoique momentané.

Encore plus efficace que Ready to Fall, Prayer of the Refugee met carrément deux ambiances qui n’ont aucun lien entre elles. Les couplets offrent une guitare minimaliste, une voix plus douce et quelques chœurs. Puis le refrain est joué extrêmement rapidement, avec tous les instruments qui crachent de l’agressivité, incluant la voix de Tim McIlrath. Cela en fait une chanson très agréable à écouter, musicalement du moins, comme les paroles sont quant à elles plus sérieuses et portent à réflexion.

Puis on a droit à plusieurs chansons qui gravitent à divers degrés dans l’univers vaste du punk-rock. D’autres chansons intéressantes mais qui ne restent pas tant en mémoire que les fameux singles que l’album contient.

Maintenant, parlons de la fameuse chanson qui fait jaser. Oui, il s’agit bien de Roadside. Au menu, le chanteur qui sort sa voix la plus mélodique et la guitare qui se met également de la partie pour une ligne très douce. Si ce n’était que ça, on penserait à un deuxième Swing Life Away. Mais cette fois, on va jusqu’à ajouter une voix féminine et un violon. La chanson est aisément une des plus belles chansons jamais jouées par Rise Against, mais on a le droit de se demander si cela peut bel et bien être considéré du Rise Against ou une bulle qu’a eue Tim McIlrath. Dans les deux cas, il faut mettre l’étiquette de style de côté et admettre que la chanson est belle et ne mérite en aucun cas un rejet.

Si on regarde attentivement les paroles des chansons de cet album, on découvrira à quel point Rise Against est engagé dans une multitudes de belles causes et souhaite offrir une certaine réflexion, si ce n’est une éducation, sur divers sujets. Difficile à dire si les membres du groupe ont atteint leur objectif de toucher des gens ainsi, mais leur musique, en général, se fait un peu plus accessible, donc cela devrait mettre un peu plus de chances de leur côté. Certaines critiques parlent d’un retour au son de Revolutions per Minute, mais en réalité, le band semble plutôt chercher le moyen le plus efficace de rejoindre ses fans punks à un son plus accessible pour la masse, en prenant donc, lentement mais sûrement, un virage plus rock. The Sufferer & the Witness, tout comme l’album précédent, est un effort transitoire entre le «vieux» Rise Against et le nouveau. Cela explique donc la complexité de cet opus et certaines irrégularité. Cela reste un album très intéressant avec des chansons qui resteront longtemps dans la liste des meilleures compositions du band. Plus d’une écoute est avisée pour mieux saisir la richesse de cet album.

À écouter : Ready to Fall, Prayer of the Refugee, Roadside

7,6/10

Par Olivier Dénommée

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