Le treizième étage – Louis-Jean Cormier

Louis-Jean Cormier 13e étageSorti le 17 septembre 2012

Après un succès relatif avec son groupe Karkwa, le frontman Louis-Jean Cormier a jugé pertinent de se consacrer un certain temps à une carrière «solo». Cela a donné naissance à l’album Le treizième étage, qui a l’avantage de ne pas être extrêmement loin du style un peu planant de Karkwa, mais qui est malgré tout beaucoup plus accessible pour le grand public. Louis-Jean Cormier s’est donc donné une porte d’entrée dans le mainstream québécois, sans automatiquement tomber dans le commercial.

Notons tout de suite qu’un Louis-Jean Cormier en solo ne le rend pas moins entouré, au contraire. Il a toujours avec lui un petit groupe de fidèles musiciens qui l’aident à concrétiser ses compositions. Il a aussi un coup de pouce de Daniel Beaumont dans l’écriture des paroles. Mais malgré toute cette aide, l’artiste s’est vraiment approprié ce projet et a créé quelque chose de plus personnel que ce qu’il faisait avec Karkwa. Cela a visiblement eu un grand succès auprès du grand public qu’il arrive mieux que jamais à rejoindre avec sa musique.

L’artiste a la chance de faire ici un premier album en son nom, ce qui lui enlève toute barrière psychologique par rapport à l’idée d’explorer diverses avenues. Cela lui réussit puisque Le treizième étage ratisse très large dans les styles musicaux, tout en gardant une touche planante, la signature de Karkwa qui ne décolle pas entièrement. Les fans du groupe se retrouvent donc encore dans cet album. Louis-Jean Cormier s’amuse quand même dans d’autres styles; il est un peu plus bluesy à l’occasion (Cul-de-sac), et joue une musique rappelant vaguement une berceuse (Cœur en téflon), par exemple. Cela ajoute à la diversité, mais il ne semble jamais se dénaturer dans chacune de ses explorations.

Parlons brièvement des paroles. Très poétiques, très imagées, Louis-Jean Cormier et Daniel Beaumont arrivent à faire rêver seulement avec les mots, qui ajoutent à l’ambiance musicale déjà très aérienne sur plusieurs titres (L’ascenseur, Les chansons folles, L’air… on pourrait presque toutes les citer ici). Il n’est pas étonnant que Gaston Miron soit une de ses inspirations.

Un album comme Le treizième étage n’est pas facile à critiquer. C’est une œuvre belle et riche qui mérite plusieurs écoutes avant de pouvoir dire si on aime ou pas. Si vous appréciez la musique francophone et que vous n’avez rien contre l’indie, les chances sont très bonnes pour que vous appréciez cet opus solo de Louis-Jean Cormier, adoré par la critique et le grand public. Si jamais vous faites partie de la minorité de personnes qui ne peuvent vraiment pas supporter cet album, faites-vous discret, sinon vous allez trouver le temps long!

À écouter : Tout le monde en même temps, L’ascenseur, Un monstre

8,8/10

Par Olivier Dénommée

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