Returning – Jeff Johnston Trio

Jeff-Johnston-Trio-ReturningSorti le 5 mars 2013

L’album Returning, sorti plus tôt en 2013, représente bien l’état d’esprit de Jeff Johnston, pianiste de jazz terre-neuvien qui cumule une trentaine d’années d’expérience et qui revient sur album avec une énergie toujours renouvelée. Le leader du Jeff Johnston Trio a déjà mentionné qu’un album aussi mature aurait été impossible il y a plusieurs années, lui qui a déjà gagné un Juno il y a une dizaine d’année pour son album Nuage avec ses complices Jim Vivian à la contrebasse et Michael Billard à la batterie. Voici un aperçu de cette œuvre qui touche à plusieurs facettes du jazz, autant le jazz plus doux que celui plus progressif et agité.

L’album démarre en douceur avec la pièce titre, Returning. Les quelques notes de piano du début suffisent à instaurer l’ambiance, un peu lounge, légèrement intrigante. Les autres instruments confirment cette tendance, avec la basse discrète et la batterie qui opte pour des baguettes avec des coussins. La pièce, d’une durée de plus de huit minutes, est comme un gros build-up que le trio offre. Le tout est fait en douceur, même les solos, et cela introduit avec succès l’album. Une énergie similaire quoi que légèrement plus agitée se retrouve dans la piste suivante, At You. Le batteur s’y amuse un peu plus mais la composition s’inscrit quand même dans un courant proche du smooth jazz.

Cavern Heaven présente une énergie plus mystérieuse, légèrement plus space mais toujours mélodique. Certaines passes où le trio joue à l’unisson brisent cette ambiance temporairement avant de nous y relancer aussitôt. Cela crée des impressions étranges mais Jeff Johnston semblait savoir ce qu’il faisait en écrivant cette pièce ainsi. De plus, cela fait une légère intro à ce qui s’en vient dans le reste de l’album, qui change drastiquement d’esprit, surtout avec What. La mélodie laisse place à une musique syncopée très rapide et assez technique.

Immédiatement après What, on revient vers quelque chose de plus mélodique, avec la ballade Ayaz Song, suivie de As Time Goes By, composition un peu plus nerveuse qui met au premier plan le piano de Jeff Johnston. Il en va de même avec Cinders. Et l’album se termine sur un la pièce Play, qui offre un solide build-up d’intensité. La boucle est bouclée avec succès.

Certaines critiques musicales vont jusqu’à dire que Jeff Johnston est un des meilleurs compositeurs de jazz que le Canada ait connu. Nous n’irions peut-être pas jusque là, mais admettons tout de même qu’il a un talent certain dans une variété intéressante de styles et qu’il est encore méconnu de trop d’amateurs de bon jazz. Cet album, non disponible auprès des grands disquaires, montre que la passion pour le jazz du Jeff Johnston Trio ne semble toujours pas d’effriter. C’est beau à entendre, surtout dans les pistes qui mettent en valeur le talent mélodique du trio.

À écouter : Returning, As Time Goes By, Play

8,2/10

Par Olivier Dénommée

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