Clockwork Angels – Rush

Rush_ClockworkAngelsSorti le 13 juin 2012

Clockwork Angels est le 20e album studio du trio mythique Rush. Après une quarantaine d’années d’expérience, le groupe a pris une direction inattendue et surprenante; il quitte le sentier du rock progressif qui a fait sa renommée pour aller vers quelque chose de plus «carré», mais beaucoup plus lourd. Le son que Rush s’est donné dans ce nouvel opus est beaucoup plus proche du heavy métal que tout ce qu’on a pu entendre du groupe auparavant. C’est très différent, mais ça rentre au poste.

Déjà, dire que Rush délaisse le prog peut faire grincer les dents plusieurs fans. Mais quelques écoutes de l’album feront en sorte qu’il y a plus de peur que de mal. Déjà, Caravan ouvre le bal avec une énergie lourde mais solide. On croirait entendre du classic rock mais avec la voix toujours distinctive de Geddy Lee. Les solos, archi-présents dans certaines des compositions les plus populaires de Rush, se font plus rares, à des moments plus conventionnels. On a tout de même droit à quelques performances puissantes qui permettent de bien savourer ces fameux solos qu’on arrive à compter sans trop de mal.

Au total, ce 20e opus représente plus d’une heure de musique, qui touche à plusieurs énergies trouvées dans la musique rock. Des riffs lourds par-ci, d’autres plus mélodiques par-là. Un peu de blues (notamment dans la chanson Clockwork Angels) peut s’entendre à l’occasion et même des ballades (Halo Effect, The Wreckers ou The Garden qui termine l’album avec brio). D’autres passes nous amènent carrément dans le monde heavy métal. La basse de Geddy Lee rentre au poste plus que jamais, et les drums de Neil Peart sont beaucoup plus lourds (mais moins techniques) que dans d’autres enregistrements. Ce qui bouge le plus, c’est la guitare d’Alex Lifeson, qui donne presque toujours le ton aux portions de chansons. La présence de cordes peut aussi s’entendre sur divers titres, dont le bref B2UB2. Cela joue un peu sur la dynamique par moments, mais cela ne sera probablement pas un élément marquant de cet album.

Aussi, il est important de mentionner le concept derrière l’album. Rush a demandé au romancier Keven J. Anderson d’écrire un roman relié aux «Clockwork Angels». Le roman de science-fiction est paru le 4 septembre 2012, et peut permettre de mieux cerner les textes des chansons de l’album. Notons que c’est la première fois que Rush reconnaît avoir fait un album-concept.

«Mais finalement, l’album est bon ou pas?» Après une seule écoute, il est tentant de dire non. Rush a pris un énorme risque en délaissant ce qui a fait sa renommée pendant si longtemps. Mais plusieurs écoutes attentives montreront que les éléments principaux sont encore là : la voix distinctive est la même et les musiques sont toujours très mélodiques et nous amènent ailleurs. Rush arrive toujours à nous surprendre même sans changer de tempo de chiffrage ou sans jouer de solo aux 15 secondes. Donc, l’album est finalement très fort et audacieux. Rares seront les chansons individuelles qui passeront à l’histoire, mais l’œuvre, comme tout, mérite bel et bien son attention. Cet album montre qu’il n’y a pas d’âge pour se réinventer. Bravo pour cette audace.

À écouter : Clockwork Angels, Headlong Flight, The Garden

8,1/10

Par Olivier Dénommée

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