For Emma, Forever Ago – Bon Iver

Bon Iver For Emma Forever AgoSorti le 19 février 2008

Donnez à Justin Vernon une guitare, un chalet dans le bois et une peine d’amour, et il devient Bon Iver. Cela peut donner une idée de son état d’esprit en composant un premier album sous ce nom, For Emma, Forever Ago. Ses œuvres se font plutôt épurées, afin de laisser toute la places aux (nombreuses) voix. Cela crée une ambiance souvent très aérienne.

La chanson Flume nous introduit à son style. La guitare seulement accompagne les coussins vocaux de Vernon. Cette description, à peu de choses près, pourrait suffire à résumer la musicalité de l’album. Mais ce n’est jamais si simple dans la musique indie!

Lump Sum, par exemple, nous donne l’impression au tout début d’être enregistré dans une église, tellement l’énergie paraît spirituelle. Cela change par la suite, revenant à un style indie-folk plus épuré. Plus loin, The Wolves (Act I and II) surprend par les plus qu’imposants coussins mélodiques qu’elle offre vocalement. Un gros build-up peut aussi être entendu à l’approche de la fin, créé par l’ajout de percussions de plus en plus agressives et un peu aléatoires. Mais contrairement à ce que laisse croire le titre, la chanson n’est pas clairement divisée en actes.

Creature Fear, un peu plus tard, surprend quant à lui par ses changements de volume brusques. La composition est douce, puis on abuse des guitares et des voix dans le refrain. Si vous n’écoutez pas la chanson en format mp3, vous n’entendrez pas que la chanson devient Team par la suite, puisque ça se fait sans coupure. Des percussions se font entendre en fond tout le long, mais aussi des sifflements et d’autres sons aux allures plus électroniques. On peut considérer Team comme une extro de presque 2 minutes de Creature Fear.

Vient ensuite For Emma. Légèrement plus rock (mais aussi lent et émotif) que le reste de l’album, on y entend des cuivres qui complimentent les chœurs. Les musiciens s’amusent un peu plus à la fin, pendant le fade-out de la chanson. L’album se termine sur Re: Stacks, avec une ligne vocale lente et sentie. La chanson, la plus longue de l’album, termine donc l’opus comme il a commencé; en douceur, en pureté… et en mélancolie.

Ainsi, le premier album de Bon Iver mise sur la simplicité musicale, pour mettre au premier plan la voix. Même les paroles, lorsqu’on essaie de s’y attarder, se font souvent évasives et difficiles à cerner. De toute façon, la poésie mélancolique de Justin Vernon n’est pas le principal attrait de l’album For Emma, Forever Ago. C’est tout de même un album qui représente très bien un état d’esprit et qui s’écoute lorsque votre état d’âme s’y prête. À savourer, mais avec un peu de modération (on ne vous souhaite pas de déprime!).

À écouter : Skinny Love, Blindsided, Re: Stacks

8/10

Par Olivier Dénommée

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