Les esprits clairs voient dans le noir – Mihuma

Mihuma Les esprits clairs voient dans le noirSorti le 24 mars 2014

Le rappeur français Mihuma auto-produit un premier album, intitulé Les esprits clairs voient dans le noir, faisant déjà un petit jeu de mots au passage. Cela donne déjà un indice sur la fréquence de ses rimes. L’artiste propose un style où la musique a des influences tantôt très rock, tantôt plus latines.

Mihuma offre Là-bas comme carte de visite et introduction à sa musique; il en a d’ailleurs fait un single. La groove rock contraste avec son parler, mais ce mélange se laisse apprivoiser assez rapidement. Le rappeur nous parle d’un endroit où il fait possiblement mieux vivre qu’ici, et nous plogue au passage le titre de l’album, qui est une ligne dans son refrain.

L’ombre d’un doute, juste après, se retrouve dans un registre plus langoureux (avec de l’accordéon, rien de moins), mais avec un sujet pourtant plus sérieux. On parle ici d’une remise en question de notre société. Excellent clin d’œil aux textes de Luc Plamondon (il fait mention de la fameuse phrase «J’aurais voulu être un artiste»). Dans un registre plus pop, on a droit à la compo Le cœur n’a pas de parole. Et on parle de peine d’amour d’un point de vue pourtant assez différent de ce à quoi on est habitué. C’est efficace et ça réussit à porter à réflexion. Le poète par encore d’amour dans Crimes et sentiments, mais d’un point de plus plus amour-haine. Les dialogues avec la chanteuse sont intéressants, les sons de jouissance de plus en plus intense à l’approche de la fin le sont moins.

De retour à quelque chose de plus lourd musicalement, L’art de la séduction parle de l’amour… de la musique. Les références sont multiples et on comprend rapidement que Mihuma parle bien de lui et de ses passions. Par contre, le refrain de la chanson ne cesse de parler d’un whisky bar (et est interprétée en anglais) et clashe un peu avec le reste. Et le «bitch» qui met fin à la chanson semble tout sauf nécessaire. D’autant plus qu’immédiatement après, on tombe dans un registre de ballade extrêmement douce. Même Mihuma semble chuchoter ses paroles dans Dors, où il s’adresse à sa fille de 5 ans. La musique, les paroles douces et dures à la fois, les back vocals… C’est une pièce très touchante sur tous les plans.

Autre chanson à retenir l’attention, Carnets de nuits (avec Francis Lalanne) parle de nightlife de façon crue sur des rythmes latins. Et la dernière chanson, Point de vues, oppose le rappeur à on-ne-sait-qui. La seule chose qu’on sait, c’est qu’il le remet bien à sa place avec ses rimes efficaces. Le ton monte un peu vers la fin, mais l’album se termine sur cette note.

L’artiste fait preuve d’un talent intéressant, notamment dans ses rimes, mais il sait également s’entourer pour avoir une musique qui sort du registre de plus en plus électronique de la musique hip-hop d’aujourd’hui. Toutes ses compos ne sont pas aussi poignantes, mais rares sont celles qui laisseront complètement indifférents.

À écouter : Le Cœur n’a pas de parole, Dors, Point de vues

7,6/10

Par Olivier Dénommée

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