Chocolats symphoniques – Maxime Goulet

ChocoSymphoniquesLancement le 1er févier 2014

Jusqu’à présent, Critique de salon a fait beaucoup de critiques d’albums, parlant, bien évidemment, de ce qu’on entendait dans ceux-ci et comment on le percevait, d’un point de vue auditif. On peut ajoute l’expérience visuelle lors d’un spectacle ou dans un vidéoclip par exemple. Mais jamais nous n’avons critiqué un album pour son goût en bouche. Voici donc une exception avec Chocolats symphoniques, œuvre créée par le québécois Maxime Goulet.

Le concept de Chocolats symphoniques est le suivant : le compositeur s’est inspiré des différentes saveurs de chocolat afin de créer une énergie et une ambiance qui représentent les dites saveurs. Il a même été jusqu’à demander à une chocolatière de créer des chocolats spécifiquement pour représenter les mouvements que Maxime Goulet a composés. L’expérience va jusqu’à imposer à l’auditeur de manger un chocolat par mouvement (qui dure environ 2 minutes chacun), afin de vivre la symphonie musicalement et gustativement. Audacieux! En passant, la chocolatière en question est Geneviève Grandbois, et elle a donc, même si ce n’est pas une musicienne, participé au processus de composition, étant en charge de la moitié de l’expérience.

Chocolats symphoniques s’est donc retrouvé sur disque, avec des «bonis assortis», comme inscrit sur la pochette. Ce sont d’autres compositions de Maxime Goulet. En tout et partout, l’album est très bref, à peine une vingtaine de minutes, mais c’est assez pour tenter l’expérience.

Évidemment, nous pourrez difficilement essayer les saveurs à la maison avant de l’acheter, mais nous l’avons testé pour vous. Voici ce que nous en retenons :

Chocolat au caramel est le premier mouvement de cette brève symphonie. À l’image du chocolat coulant d’une douceur extrême, le mouvement est très chantant avec des longues notes soutenues. Pendant le que chocolat fond tout doucement, on apprécie les cordes et les bois nous transporter lentement, avec une petite partie en valse. Par contre, dommage de tout de suite passer un aussi bon chocolat!

Deuxième mouvement : Chocolat noir. Cette fois, Maxime Goulet y a été de la symbolique du chocolat noir. La passion, le désir fougueux, tout cela se retrouvait dans la musique, mais pas exactement en bouche. L’amertume du chocolat a aussi brièvement été représentée musicalement, mais c’était plutôt discret Peut-être cela fait-il plus effet sur un vrai amateur de chocolat noir?

La douceur revient avec Chocolat à la menthe. On fait mention d’une musique glacée et rafraîchissante, et il est vrai qu’on sentait une petite brise dans la musique. Pendant, ce temps, le chocolat fond très lentement, au moins de se demander lequel va finir le premier.

Et le dernier mouvement, Chocolat au café, ramène toute l’énergie à laquelle on a droit de s’attendre. Sans tomber dans l’hyperactivité, on a eu droit à une pièce rapide mais légère, aux accents brésiliens. C’est aussi la partie la plus longue de cette symphonie, ce qui fait que le chocolat a eu le temps de fondre complètement avant la fin. La montée dramatique à l’approche de la fin du mouvement semble d’ailleurs symboliser ce petit drame de manquer de sucre pendant quelques secondes! Et comme chocolat à saveur de café, c’était particulièrement bon. La saveur était discrète mais on savait de quoi il s’agissait.

Une fois Chocolats symphoniques terminé, que reste-t-il? Maxime Goulet propose plusieurs petites compositions pour donner un aperçu de son talent de compositeur. Il a d’ailleurs déjà fait de la musique de jeux vidéo et cela s’entend à l’occasion! Les bonis incontournables sont Sur la corde raide et 21, qui aurait pu jouer dans Histoire de jouets.

Bref, l’expérience des Chocolats symphoniques est un grand pas pour démocratiser la musique classique, y ajoutant un volet savoureux. Par contre, goûter la musique a un prix et vous procurer le disque avec une petite boîte de 4 chocolats vous coûtera plus de 25$. Il est possible d’apprécier l’album sans chocolat, mais cela ne sera certainement pas pareil… L’album est donc intéressant pour son concept, et ne vous fera pas chavirer à moins d’aller jusqu’au bout de l’expérience. Vous voyez la problématique!

Si vous désirez vous procurer Chocolats symphoniques, c’est ici. Pour écouter des extraits des quatre mouvements, visitez la page SoundCloud du compositeur.

À écouter : Chocolat au caramel, Chocolat au café, 21

7,6/10

Par Olivier Dénommée

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