Nevermind – Nirvana

nirvana-nevermindSorti le 24 septembre 1991

Nevermind de Nirvana fait assurément partie de la liste des albums qui ont le moins besoin de présentation et qui ont, encore aujourd’hui, le plus de visibilité. Le son de cet album a marqué une génération au complet, la pochette est iconique, le leader du groupe est entré dans la légende à sa mort voilà 20 ans, etc. Justement cette vingtaine d’années est peut-être l’occasion d’avoir un recul supplémentaire pour en parler de nouveau?

Smells Like Teen Spirit, première chanson de l’opus, est ce qui est considéré comme l’hymne des années 1990, n’est pourtant pas une des compositions que Kurt Cobain appréciait le plus. Il a en fait tout simplement imité le style des Pixies pour la forme doux-fort de la chanson, avec une progression de seulement 4 accords continuellement répétés. Aussi simple que cela, et pourtant la compo est considérée comme une des meilleures œuvres rock de tous les temps.

Les autres chansons de Nevermind utilisent une formule relativement similaire et le son, qui se veut saturé et brouillon, fait partie de la marque de commerce de l’album. In Bloom, Lithium, Polly, Territorial Pissings, Lounge Act, On a Plain et Something In the Way reprennent toutes plus ou moins la même forme d’alternance de douceur à quelque chose de plus violent et agressif ou une influence similaire.

Si plusieurs titres tendent du côté du punk, on a droit à des compositions à l’énergie plus proche du heavy métal. C’est le cas de Come as You Are, Breed et de la chanson cachée de l’album, Endless, Nameless.

Drain You a cette particularité d’offre une longue partie quasi psychédélique, avec une ambiance glauque et très lourde. Une portion fort appréciée de la chanson pour certains fans, une partie superflue et injustifiée pour d’autres. Selon les sources, Drain You serait la chanson préférée de Cobain sur cet album.

L’énergie ambiance de l’album Nevermind a quelque chose d’anarchiste. La qualité de l’enregistrement est volontairement discutable et les paroles, toujours aussi cryptiques sur certains titres. C’est ironique que cet album ait connu un tel succès, car Kurt Cobain fuyait sa popularité qui a suivi la sortie de l’album.

Édition deluxe 20e anniversaire

Une critique de Nevermind de Nirvana aussi longtemps après nécessite une critique des suppléments offerts dans la version spéciale, sortie en 2011 pour l’anniversaire de l’opus mythique. Notez tout de suite que cette édition s’adresse avant tout aux collectionneurs, puisqu’elle contient souvent des versions différentes des mêmes chansons, mais il y a tout de même un peu de matériel intéressant à écouter.

En poursuivant sur le disque 1  (contenant l’album régulier), on peut entendre les B-Sides de l’album. On a donc droit à des titres supplémentaires comme Even in His Mouth, Aneurysm et Curmudgeon, ainsi que plusieurs pistes enregistrées en live. Les trois chansons de plus sont plutôt intenses et sont légèrement moins nuancées que les chansons normales de Nevermind. Pour ce qui est des chanson en live, on a droit à quelques versions intéressantes de chansons tirées principalement d’autres albums. D7 [Live at the BBC] est très bien enregistrée et le band semblait en forme. Drain You [Live], sans être impeccable dans l’interprétation, offre une version légèrement plus élaborée de la portion psychédélique qui est assez intéressante.

Le disque 2 contient près de 70 minutes de suppléments, surtout des version démo ou alternatives des compos qu’on peut retrouver sur l’album. Ces versions sont intéressantes pour entendre l’évolution des compositions jusqu’à leur enregistrement final, mais ça ne va pas beaucoup plus loin que ça. La version de Smells Like Teen Spirit sur ce disque est à vomir, tellement la qualité de l’enregistrement est horrible. Même chose pour la version de Something in the Way, alors que l’originale n’était déjà pas si bien jouée. L’ajout de chansons ne venant pas de Nevermind ajoute au moins un peu de diversité à ce second disque.

La vraie question est la suivante : est-ce que Nevermind a si bien vieilli que cela? Et surtout, méritait-il d’être ainsi mis sur un piédestal? Le succès commercial inattendu (et, admettons-le, indésiré par Nirvana) montre que le message que voulait passer Cobain n’a en fait pas passé. Lui qui voulait faire partie de la contre-culture, il est devenu une icône des années 1990 en général et tout le monde l’a écouté et aimé sans vraiment se poser de question. En toute objectivité, l’album contient des éléments très intéressants qui marqueront effectivement une génération, mais l’originalité n’est pas particulièrement au rendez-vous (les meilleures chansons sont très ouvertement inspirées d’autres groupes) et la qualité est tout à fait ordinaire. La mort de Cobain, 3 ans plus tard, a intronisé l’album immédiatement. Si on demandait au chanteur, il ne serait probablement pas d’accord avec la vénération abusive qu’on fait de cet album. Je n’ai pas le choix d’être d’accord avec lui. C’est un album accrocheur, comme il y en a des dizaines qui paraissent chaque année depuis des décennies. Sans plus. La nostalgie qu’il évoque est probablement une des seules raisons qui pousse à réécouter Nevermind.

À écouter : Smells Like Teen Spirit, Come As You Are, Lithium // Version deluxe, disque 1 : Drain You [Live] // Version deluxe, disque 2 : Pay to Play, Something in the Way [BBC Sessions]

7,7/10

Par Olivier Dénommée

(Modifié le 6 juin 2014)

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