Sirocco d’érable – Syncop

Syncop SiroccoSorti le 25 octobre 2011

La formation Syncop, dirigée par Karim Benzaïd, rejoint une musique issue de partout dans le monde et la réalité québécoise. C’est particulièrement le cas sur l’album Sirocco d’érable, jeu de mot représentant cette fusion entre musique d’ici et d’ailleurs. Cela crée des musiques riches en influences diverses.

Les compositions touchent à divers styles. On se déplace entre le Moyen Orient, des rythmes africains et latin, le reggae, etc. Rien n’est laissé pour compte. C’est Trabendo qui démarre le bal musical. Énergique à souhait, la pièce offre une belle groove vaguement reggae, mélangées à des textes en français qui parlent du travail à travers le monde. Cette énergie musicale se poursuit sur À contre-courant. La cabane à souk (un autre habile jeu de mots!), quant à elle, ne laisse aucune ambigüité : on est résolument dans un reggae sympathique.

Cette légèreté disparait le temps d’une chanson, lorsqu’on entend Elle n’a rien oublié. La musique devient plus dramatique, avec une ligne vocale carrément dans le registre parlé, un peu comme Grand Corps Malade mais avec la voix moins profonde.

Cette ambiance ne pouvait pas durer, et donc Vivant, qui suit Elle n’a rien oublié, porte très bien son nom. L’ambiance est bon enfant et la thématique est porteuse d’espoir (rappelons-le, dans une perspective plus «internationale»). Petit moment de détente avec Interlude, où le chanteur interprète un aîné qui visite le Canada pour la première fois. Cette interlude donne en fait le contexte de la prochaine chanson, Moul echech, qui raconte le choc culturel du vieillard. Et musicalement, très belle performance de Syncop.

Il faut que ça balance est la chanson commerciale de l’album, avec un rythme reggaeton et une collaboration avec Face-T. La formule a été entendue des centaines de fois, mais elle fonctionne très bien, en plus de dénoncer la relation de la société avec l’argent.

Conte à rebours (ouep, un autre jeu de mots), précédé de son intro instrumentale, Salhi Dielna, avec une belle mélodie chantée avec voix homme-femme notamment pendant le refrain, terriblement efficace. Autre pièce intéressante, du moins au début : Maniman. Festive avec une intro de percussions entrainante qui nous amène à une musique non loin du klezmer. La dernière vraie chanson de l’album, Cosmopolitisme, arrive avec une énergie arabisante. Mais Loco Locass n’est pas d’accord avec la fin, et y offre une version remixée de Il faut que ça balance, appelée Foksabalance Remix. La version est bonne, mais comme c’était déjà la chanson la plus commerciale de l’opus, cela a confirmé sa position.

Les paroles des chansons de cet album ont cette particularité de donner des perspectives différentes sur des enjeux variés, le tout avec une poésie potable la plupart du temps. Cependant, reconnaissons que nous nous lassons beaucoup plus vite des textes que de la musique en elle-même. Cela reste intéressant d’écouter ce que Karim Benzaïd a à dire.

Syncop a fait du bon travail d’amener son auditoire ailleurs musicalement, Le band aurait même pu aller plus loin dans les musiques du monde, puisque certaines énergies revenaient régulièrement. Aussi, laisser un peu plus de place à la musique, quitte à avoir des bouts sans paroles plus longs, n’aurait pas été mauvais pour permettre de se laisser imprégner de la musique. Malgré ça, Sirocco d’érable est loin d’être un mauvais album; il mérite bien une écoute, surtout si vous appréciez la musique du monde.

À écouter : Elle n’a rien oublié, Moul echech, Conte à rebours

7,2/10

Par Olivier Dénommée

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