Cotton Fields – Adam Karch

Adam Karch Cotton FieldsSorti le 14 juin 2011

Le Montréalais Adam Karch est reconnu pour deux choses : son talent à la guitare et celui à faire des albums concepts sous forme d’hommage. Son album Cotton Fields est un hommage au blues des années 1930 à aujourd’hui avec, au passage, quelques compositions originales qui arrivent parfaitement à nous faire croire qu’elles existent depuis des décennies.

Pour commencer, il offre des interprétations solides de Robert Johnson, un des plus grands bluesmen de tous les temps. Il y offre pas moins de trois de ses chansons, dont la première, Walking Blues, démarre solidement l’opus. La groove y est contagieuse, et la ligne d’harmonica (jouée par Normand Brathwaite!) l’est tout autant. Crossroads (qui semble avoir inspiré des musiciens comme Eric Clapton) et Stop Breaking Down Blues (avec une version assez douce ici) aussi de Johnson ne laissent pas leur place non plus.

La première compo d’Adam Karch à être entendue sur l’album est Cotton Fields. Beaucoup plus léger que du blues pur, l’arrangement proposé est tout de même intéressant et les paroles nous rappellent que ce qui fait le caractère du blues, c’est aussi et avant tout la thématique abordée. N’oublions pas le solo efficace aux trois quarts de la chanson. Vient ensuite Comme un loup, compo de Karch en français (la seule de l’album). Il y reprend la thématique de quitter les champs pour aller vers la ville, mais regrette ce choix d’ici la fin de la chanson! Mentionnons une autre belle performance à l’harmonica, et l’ambiance qui nous laisse croire que la chanson a plus de vécu qu’elle en a en réalité.

Les chansons font un détour vers du Ryan Adams, Oh My Sweet Carolina, et, très surprenant, vers du Dolly Parton. La chanson Jolene est d’ailleurs chantée par Marie-Alice Depestre avec Karch en arrière-plan. Viennent d’autres titres comme Poor Black Mattie (du chanteur country-blues R.L. Burnside) et Perpetual Blues Machine de Keb’ Mo’.

La chanson Yesterday’s Grave, d’Adam Karch lui-même, offre quelque chose de très puissant. La rythmique est solide, la ligne vocale a quelque chose de plus agressif, et la portion à partir du tiers de la chanson est marquant de par son efficacité. Le bridge plus doux qui mène au bref solo endiablé en fait que c’est probablement la meilleure chanson de l’album. Seul défaut s’il en est un : le début de la chanson n’est pas sans rappeler celui de Crossroads, en plus rapide et énergique.

Le reste de l’album nous offre du Leadbelly (Frankie & Albert), Fingerpainting d’Adam Karch, une pièce instrumentale de Justin King (Knock On Wood) et, pour finir, That’s Alright. Cette dernière offre une très belle musique, quoique les paroles se répètent un peu trop pour ne pas déranger.

Adam Karch a fait un travail très solide tout au long de l’album. Son jeu de guitare est irréprochable, sa voix est touchante et son choix de chansons est plutôt efficace également. Un artiste qui mérite d’être plus connu, surtout si vous aimez la musique blues et tout ce qui s’en rapproche.

À écouter : Walking Blues, Oh My Sweet Carolina, Yesterday’s Grave

8,1/10

Par Olivier Dénommée

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