Phonoscript – Tambour (Projet.Hertz)

Projet Hertz PhonoscriptSorti le 13 décembre 2013

Pourtant très loin d’être aussi mainstream qu’une musique énergique avec des paroles, la musique ambiante mérite aussi attention, puisqu’il y a de belles découvertes à faire à l’occasion. Il y a des bands qui tombent dans l’expérimental et qui mettent tous les sons possibles le plus fort possible pour créer des ambiances lugubres, et il y a Tambour (jadis Projet.Hertz) de Simon Piché-Castonguay qui mise sur un style doux, presque néo-classique, comme sur son opus Phonoscript.

Dès la première composition, Les Ailes, on donne le ton à l’album : il sera très lent, avec une construction subtile mais finalement très envoutante. Elle dure près de 7 minutes et cela prend quelques minutes avant que Les Ailes arrivent à nous accrocher. Le tout avec des synthés et des cordes bien dosés.

Vient ensuite la pièce-titre Phonoscript, qui présente une ambiance un peu lourde et assez dramatique. Si celle musique était une couleur, elle serait tirerait probablement sur le gris assez foncé. Cette ambiance s’éclaircit avec Les Couleurs du Vent I. Une compo au piano minimaliste propice à l’introspection. Vers la moitié de la pièce, on ajoute les cordes, puis de la batterie et la basse, histoire de donner une autre dimension à l’œuvre, sans lui retirer son caractère méditatif.

Innblástur frá norðri (qui voudrait dire «Inspiration du nord») crée des sonorités qui ne sont pas sans rappeler vaguement des pièces de Bonobo (notamment sur son opus The North Borders; coïncidence intéressante). Évidemment, Projet.Hertz demeure dans une ambiance plus douce et plus mélodique. Les Couleurs du Vent II revient à ce climat introspectif, et il fait même presque plus froid en l’écoutant. La toute dernière portion de la pièce monte l’intensité d’un cran, à en donner des frissons.

L’hiver sans apostrophe offre un milieu d’album qui donne envie de se bercer lentement et Magellan’s Cloud, un peu comme une longue chanson de Pink Floyd, nous garde en haleine pendant plusieurs minutes avant d’en arriver au bout plus punché, mettant en vedette la trompette. Dans ce cas, cela prend plus des deux tiers de la pièce d’environ 6 minutes 30 pour y arriver. Mauve a cette particularité de contenir une ligne vocale. Elle n’est pas intelligible, mais ajoute beaucoup à l’ambiance.

Home, avant-dernière pièce, met de côté les synthés pour y aller avec une énergie plus soft rock ambiant. Cela change le mood un peu après un long album où les claviers dominent, mais cela ne dure pas très longtemps puisque EPILOGUE termine l’album sur un piano en solo.

L’album Phonoscript en soi est très bien fait. Des bonnes ambiances, des émotions bien dirigées et une pincée de chair de poule à l’occasion. Il semble que la première moitié de l’opus soit, en général, plus émouvante que la seconde, qui offre pourtant autre chose musicalement. Cela reste un opus qui, malgré sa longueur, semble passer si vite qu’on voudra le réécouter aussitôt. Par contre, l’album est sorti en décembre et ce n’est pas pour rien : les pièces sont très hivernales dans l’ambiance. Dans le bon contexte, cet album est parfait à écouter, mais si c’est l’été et que vous ne vous sentez pas trop introspectifs, vous préférerez probablement écouter autre chose. Ce n’est pas moins un très beau projet à découvrir.

L’album est disponible pour écoute sur la page BandCamp de Tambour.

À écouter : Les Couleurs du Vent I, Les Couleurs du Vent II, L’hiver sans apostrophe

8,4/10

Par Olivier Dénommée

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