Heaven & Earth – Yes

Heaven_and_Earth_Yes_DeanSorti le 16 juillet 2014

Dans le vingt-et-unième opus de Yes, Heaven & Earth, c’est le frontman de Glass Hammer, Jon Davison, qui prend la place de Jon Anderson. La voix de Davison est une presque parfaite imitation de celle d’Anderson, contrairement à celles de Trevor Horn (Drama, 1980) et de Benoît David (Fly From Here, 2011). En revanche, le talent de compositeur de Davison est largement inférieur à son talent de chanteur. C’est lui qui a composé la majorité des pièces qui figurent dans Heaven & Earth, qui ne ressemblent pas du tout au Yes classique ou même au Yes des années 80.

Les morceaux de Heaven & Earth sont des compositions de pop adulte qui durent toutes à peu près cinq minutes. Chris Squire, connu comme étant un véritable as de la basse, joue quelques notes de temps en temps pour accompagner la batterie simple et presque inaudible d’Alan White. Steve Howe, qui a une réputation semblable en tant que guitariste, fait le strict minimum qui lui est demandé.

Le mixage audio est absolument terrible dans Heaven & Earth. Chanson après chanson, on dirait qu’il n’y a absolument aucune énergie, aucune chimie du groupe, et que chaque musicien tente de jouer le moins fort possible. En dépit de tout ça, les compositions sont plaisantes à l’oreille et Davison livre une bonne performance, même si les paroles laissent parfois à désirer.

Il y a vraiment très peu de positif à dire par rapport au côté instrumental de l’album. Believe Again, la chanson d’ouverture, est loin d’être le joyau d’exposition de Yes et de son histoire de plus de 45 ans, mais elle ouvre adéquatement le bal et est entraînante. À partir de là, chaque chanson se ressemble et l’album devient de pire en pire. Le tempo est trop lent et les pistes trop longues. Il n’y a presque jamais de changements de tempo ou d’autres variantes musicales intéressantes, juste un rythme 4/4 constant et simpliste jusqu’à ce que le son s’estompe graduellement.

Le deuxième morceau, The Game, est typiquement pop. Le solo de Howe qui y figure est l’antithèse du mot «impressionnant» et le guitariste ne fait que suivre Davison pour le restant de la chanson. Le pré-refrain est intéressant, par contre. Il me rappelle bizarrement Rush. Step Beyond est une piste sans inspiration, avec des échanges banaux entre les claviers et la guitare. To Ascend est un morceau acoustique où Howe ne fait rien de spectaculaire. C’est loin d’être aussi bon que Mood for a Day, par exemple. In A World Of Our Own, la cinquième piste, est différente des autres dans le sens qu’elle est (encore) plus simple et est menée par le rythme constant et répétitif des claviers. Yes se prend ici pour les Beach Boys, et leur tentative d’imiter le groupe iconique est très mal réussie. Light Of The Ages et It Was All We Knew sont des chansons un peu plus tristes, tout en restant dans la même dynamique que les cinq pistes qui les précèdent.

La chanson de clôture de Heaven & Earth, Subway Walls, est complètement incohérente dans le contexte de l’album. Cela est une bonne chose, car c’est la seule piste qui vaut la peine d’être écoutée plus d’une ou deux fois. Finalement, Howe et Squire interagissent de manière significative, et ce dernier commence à jouer sans qu’on puisse dire qu’il fait honte à lui-même. Subway Walls jouit même d’un petit solo de claviers, gracieuseté de Geoff Downes, vers la moitié de la piste. Il s’avère être assez satisfaisant. Bref, c’est une chanson progressive qui sort de nulle part et qui, d’une certaine façon, «sauve» l’album. Dommage que le reste de Heaven & Earth ne lui ressemble pas.

À écouter : Believe Again, The Game, Subway Walls

3,5/10

Par Nicholas De Rosa

Un commentaire sur « Heaven & Earth – Yes »

  1. Je donne une nouvelle chance à cet album en lisant quelques critiques bien senties ici et là, mais alors que j’écris ces quelques lignes et que les chansons de l’album défilent, j’ai une drôle d’impression de déjà vu… On dirait un nouvel album d’Asia, pour la mièvrerie et le miel insipide sans saveur, surtout pour le début de la chanson  »Subway walls », la dernière de l’album – ouf ! enfin – qui ressemble à un des pires d’Asia. Yes se plagie lui-même, mais en ayant laissé au vestiaire tout ce qui faisait le charme de ce groupe jadis prog mais maintenant plutôt fade. Je me demande d’ailleurs pourquoi ils ont appelé cet album  »Heaven and earth », puisque ça ne décolle pas tout du long, on reste au ras du sol et rien ici me rappelle le bon vieux Yes. Je disais tantôt avoir lut quelques critiques de cet album, mais pas une seule n’était positive, aouch ! Non mais qu’est-ce qui se passe avec ce groupe, je ne reconnais plus Yes du tout ici, fini les envolées de claviers, aucun solo digne de ce grand guitariste qu’est Steve Howe, on n’entend presque plus la basse pourtant habituellement percutante de Chris Squire et pour ce qui est de la batterie d’Alan White, on aurait pu la remplacer par un drum-machine que ça n’aurait pas fait une grande différence. Steve Howe a quitté Asia pour se consacrer à Yes, mais j’ai comme l’impression qu’il a amené avec lui le côté désolant de son précédent groupe, seul Jon Davison réussit tant bien que mal à tirer son épingle du jeu. Lui qui signe 7 des 8 titres de l’album, alors  »Heaven and earth » un album solo de Davison caché sous le nom plus vendeur de Yes ? Sans aucun doute OUI…

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