CHRONIQUE : Festiblues, jour 2

Marc Dupré par Étienne HamelPar Olivier Dénommée

La fin de semaine a très bien commencé ce vendredi soir, puisqu’il faisait très beau et que le public s’était déplacé en grand nombre pour cette seconde soirée du 17e Festiblues d’Ahuntsic. Les grosses pointures présentes étaient aussi un gage de succès, puisqu’on attendait Marc Dupré et ses invités pour clôturer la soirée. Voici le résumé de ce qu’on retient de cette soirée.

Carlos Veiga, 18h30

Le chanteur et guitariste de blues a eu le plaisir de démarrer la soirée avec sa musique acoustique plutôt douce pour démarrer la soirée, sur une intonation rappelant un peu celle de Jonathan Painchaud. L’artiste a principalement offert des reprises de divers registres, avec la plus surprenante mais aussi la plus efficace de son set, La bohème de Charles Aznavour. Il a aussi offert une belle version de Free Fallin’ de Tom Petty, toujours en solo à la guitare. Sa performance était simple mais empreinte de sincérité; on en aurait voulu plus! Carlos Veiga par Étienne Hamel

Scarecrow, 19h

Le band vient tout droit de Toulouse (France) et en est à son tout premier show au Canada. Scarecrow a quelque chose de très particulier : il mélange, à parts à peu près égales, le blues et le hip-hop. Notons que l’accoutrement des musiciens vend un peu la mèche; les deux chanteurs arboraient les clichés de leurs styles respectifs : l’un avait un veston et un chapeau de feutre, arborant une petite moustache, l’autre semblait droit sorti du ghetto. Nul besoin de spécifier qui chantait quoi. Reste que le groupe m’a surpris sur plusieurs de leurs compos. Certaines arrivaient à marier les deux styles de façon tellement naturelle que ça en était déstabilisant. D’autres étaient plus simples dans la structure, une portion blues suivie d’une en rap, et ainsi de suite. Dans tous les cas, les gars arrivaient à changer la groove de façon plutôt naturelle, un peu comme Misteur Valaire arrive à faire entre les portions électros et celles avec des vrais instruments. L’énergie était bonne sur scène et le band a su captiver l’attention du public sur plusieurs chansons même si la foule n’était pas encore tout à fait réchauffée. Pas mal du tout comme première performance au pays. Par contre, un bémol puisqu’il en faut bien un : les basses, en particulier la grosse caisse de la batterie, étaient beaucoup trop fortes. On l’a compris dès les 10 premières secondes du set et cela s’est, malheureusement, poursuivi jusqu’en fin de soirée. Scarecrow par Étienne Hamel

Mario St-Amand, 20h

Maintenant associé à feu Gerry Boulet depuis qu’il l’a incarné dans le film Gerry voilà quelques années, on s’attendait à un gros show de la part de Mario St-Amand et ses musiciens. Et il n’a déçu personne. Le chanteur et comédien a adapté son 22 câline de blues pour le festival, offrant une expérience chaleureuse et, malgré la foule de plus en plus importante au Parc Ahuntsic, plutôt intime. Entre chaque chanson, il avait un bout d’anecdote à dire, nous permettant de percevoir les chansons d’une autre façon. On a aussi bien senti sa formation d’acteur, étant très gestuel sur scène. Un mot sur ses musiciens : il était accompagné d’un band complet, mais avec une violoniste au lieu d’un guitariste. Cela ne l’a pas empêché de reproduire les solos de guitare endiablés sur son instrument, et même de jouer du erhu (le violon chinois) le temps d’une pièce. Le reste du band était aussi solide mais elle aura tout de même volé la vedette à quelques reprises durant le show de Mario St-Amand, qui aura repris principalement des chansons reliées à Offenbach et Gerry Boulet. Mais encore, la grosse caisse occupait trop de place dans le mixage… le soundman serait-il atteint d’une surdité aux basses fréquences, par hasard?

Mario St-Amand par Étienne Hamel

Marc Dupré, 21h15

La popularité de Marc Dupré ne se dément pas, puisqu’il a eu droit à un parc particulièrement plein devant lui. Il nous a promis une soirée «spécial blues», mais le connaissant il ne pouvait s’empêcher de nous jouer ses succès, à saveur plus pop-rock. Il était accompagné d’une formation complète comprenant pas moins de deux guitaristes, en plus de lui-même qui jouait de la guitare sur plusieurs chansons. Par contre, chapeau pour le mix, impeccable à tous les niveaux.

Il avait promis des invités et il n’a pas été avare là-dessus : dès les premières chansons, il a fait monter sur scène Cindy Duquette, découverte lors de la première édition de La Voix. Marc Dupré s’est gâté avec un petit duo, Just Give Me Reason (de P!nk), où il imitait très bien la voix particulière de Nate Ruess. Car oui, il faut se souvenir qu’il a commencé comme imitateur et il n’a rien perdu de son talent. Il a aussi su faire rire le public avec des anecdotes légères, comme celle de la cornemuse, cet instrument mal-aimé.

Marc Dupré a même invité, le temps d’une chanson, sa fille, Stella. C’est d’une voix assurée qu’elle a interprété Rolling In the Deep d’Adele. Ensuite, c’est Renée Wilkin qui est apparue sur scène, suivie quelques chansons plus tard de Jérôme Couture (tous deux de la seconde saison de La Voix). Avec ces deux derniers invités, le party était officiellement lancé, avec une dernière portion du spectacle particulièrement rock. L’interprétation de Footloose par Marc Dupré et ses invités a incité quelques personnes à tenter la chorégraphie de la chanson dans la foule. Mais le grand moment de la fin de soirée était le moment de chanter Nous sommes les mêmes, où le public arrivait à la chanter presque au complet avec énergie. Le show s’est terminé, après plus d’une heure et demie de musique.

Marc Dupré par Étienne Hamel (2)Petit moment cocasse de la soirée, Marc Dupré est descendu en bas de la scène, et a même chanté en compagnie de notre photographe, qui était à côté de la scène. Nous n’avons malheureusement pas pu prendre de photo du moment puisqu’on nous avait mentionné plus tôt qu’il y avait une restriction où on ne pouvait prendre des clichés que pour les trois premières chansons et que l’événement s’était passé par la suite. Par contre, il semble que peu de médias ont respecté cette directive… Enfin, cela nous a permis de simplement apprécier le show.

Cette seconde soirée était beaucoup plus grosse que la précédente et l’énergie était au rendez-vous, autant sur scène que dans le parc pour les centaines de personnes présentes, y compris nous, mais on ne peut s’empêcher d’avoir hâte à la grosse soirée blues du festival.

Le topo du jour 3 ici.

(Crédit photos : Étienne Hamel)

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