CHRONIQUE : Festiblues, jour 3

Daniel Bélanger par Olivier DénomméePar Olivier Dénommée

Pour le jour 3 de 4, le Festiblues a mis le paquet. Cette journée offrait, selon moi, sa meilleure programmation blues du festival avec des artistes plus que respectables. Il faut bien l’admettre, j’attendais la soirée de samedi avec fébrilité. Voici ce que j’en ai retenu.

Laurent Thomas, 18h30

Comme à l’accoutumée, on a commencé plutôt en douceur la soirée, avec la présence de l’auteur-compositeur-interprète Laurent Thomas et de son band. L’artiste était classé dans le registre folk, mais cela ne l’empêchait pas d’explorer autant le côté plus doux que celui plus agité de la musique, en français et en anglais. Il avait aussi quelques titres légèrement plus bluesy en poche. Laurent Thomas est un nom qui commence à circuler de plus en plus sur l’île de Montréal, mais comme il l’a lui-même dit, ça ne peut pas faire de mal d’apparaître dans l’horaire d’un festival comme celui-ci, en haut de Daniel Bélanger. Sinon, ce n’est pas nouveau, j’ai trouvé la grosse caisse un peu trop intense dans le mix. Outre cela, c’était un bon petit réchauffement en vue du reste de la programmation de la soirée.

Laurent Thomas par Olivier Dénommée

Martin Goyette, 19h

De la grosse visite pour le festival : Martin Goyette ne s’était pas présenté au Festiblues depuis 2002, années où a décroché le Prix de la relève. 12 ans plus tard, on n’a aucune difficulté à comprendre pourquoi il avait gagné. Un personnage coloré et souriant qui sait entrainer son public, et surtout une voix inimitable, digne des plus grands noms du blues. Pour son retour au bercail, il s’est gâté en faisant venir sur scène deux danseurs qui se déhanchaient sur ses airs bluesy à connotation souvent grivoise. Le band de Martin Goyette arrivait avec brio à reproduire les meilleurs morceaux du vieux blues, alors que le chanteur s’éraillait en souriant. Il a même offert un bout sans micro, testant ses propres limites. Même si les gens au bout de la butte n’ont probablement pas entendu, il a rappelé qu’il ne manquait pas de coffre! Il nous a même offert un invité surprise, nul autre que Félix de St-Hilaire, le jeune prodige du blues, le temps d’une chanson. Le jeune Félix a eu droit à des puissants applaudissements, tout comme Martin Goyette, qui aura donné de l’énergie à la foule pendant trois quarts d’heure. Dommage, il aurait pu continuer à chanter et personne ne s’en serait plaint… sauf ceux qui avaient trop hâte au prochain artiste!

Martin Goyette par Olivier Dénommée

Jordan Officer, 20h

Je l’admets, j’étais déjà vendu d’avance. Jordan Officer, guitariste de jazz qui s’est fait connaître aux côtés de Suzie Arioli, a lancé un album de blues, I’m Free, cet hiver. Un très solide opus où on l’entend pour la première fois comme chanteur. Nul doute qu’il allait proposer en live une bonne partie de son album, et je ne me suis pas trompé. Il a ajouté à cela quelques covers, dont une pièce de western swing, style qu’a beaucoup joué le Montréalais par le passé. Officer est un virtuose de la guitare, ça s’entend, mais le voir en bonus, c’était sublime. Il avait visiblement du plaisir, et s’est «risqué» en jouant avec sa guitare dans le dos sur la chanson-titre de son dernier album. Ajoutons à cela un solo du batteur, Anthony Albino (le batteur maison de Belle et Bum) plus tard durant le spectacle. Le public, de son côté, a offert un accueil plutôt chaleureux; il y avait même dans mon coin des gens dans la foule qui dansaient le blues. C’était beau à voir et à entendre. En plus, si j’avais des critiques à faire sur le mixage de certains shows, celui-ci m’a paru impeccable sur le plan sonore. Ce spectacle valait amplement l’attente, et je n’ai pas été déçu une seconde.

Jordan Officer par Olivier Dénommée

Daniel Bélanger, 21h15

Le fameux Daniel Bélanger était particulièrement attendu cette année, pour deux raisons. La première, parce que c’était son premier Festiblues, la deuxième parce qu’il vient de Ahuntsic. Mais juste avant qu’on puisse véritablement entendre la vedette, on a eu droit à une belle chorégraphie d’une troupe de danse. Dommage, les danseurs bougeaient tellement qu’il était impossible de prendre de belles photos, mais croyez-moi sur parole, c’était beau à voir.

De retour à Daniel Bélanger, il a eu droit à un accueil, vous vous en doutez, très énergique. Après tout, le parc était plus plein que jamais pour entendre les nombreux succès de l’artiste ainsi que les titres de son dernier album, Chic de ville, qui apporteraient une touche plus rockabilly à sa musique. Mais Bélanger a touché à tout et a même offert des versions plus bluesy de ses grandes pièces, créant parfois un petit mystère jusqu’à ce qu’il commence à chanter. À chaque fois, le public a offert une réponse assez vive, surtout lorsqu’il a interprété ses classiques Rêver mieux et Dans un Spoutnik (qu’il a chanté en solo pendant le rappel). Et, je dois l’admettre, je ne pensais pas connaître autant de ses chansons, mais il a tellement fait de hits qu’il faut probablement vivre dans un igloo pour ne pas aimer au moins une ou deux chansons de Daniel Bélanger. La seule chose qui, musicalement, manquait, c’était ironiquement de la basse. On peinait à entendre le contrebassiste du band, alors que bien des groupes nous explosaient les oreilles avec les basses. Mais ça n’a rien enlevé à l’expérience.

Daniel Bélanger par Olivier Dénommée (2)

Assez parlé de la musique, parlons de l’ambiance créée par Bélanger et ses musiciens. Ceux-ci étaient habillés de façon rétro, la plupart avec des vieilles chemises hawaïennes. Ils aimaient aussi faire de l’attitude de temps à autre (surtout le contrebassiste). Moment cocasse, l’histoire des mini orgues, qui a bien pris plusieurs minutes sur un ton semi-malaisé de Daniel Bélanger. On pouvait presque entendre le «Continue à gagner du temps Daniel, on n’a pas encore fini le set-up». C’est surprenant qu’un artiste qui maîtrise autant l’art de la scène ait l’air si timide en s’adressant à son public, mais ça ajoute au charme du personnage. On a assisté à de beaux moments de complicité, autant entre les musiciens qu’avec le public. Ça a bien, très bien fini la soirée du 9 août.

Cette soirée était, pour moi, le sommet du 17e Festiblues. Une belle soirée, avec beaucoup de vrai blues et avec une vibe électrisante autant sur scène que dans la foule. C’était épuisant, mais ça a laissé de très beaux souvenirs gravés dans ma mémoire.

Le compte rendu de la dernière soirée se trouve ici.

(Crédit photos : Olivier Dénommée)

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