Spring Breakers – Bande sonore

spring-breakersSorti le 19 mars 2013

Un des films controversés de 2013, Spring Breakers de Harmony Korine a amplement fait jaser. Avec un film mettant en vedette quatre filles en bikini pendant 90 minutes et beaucoup, beaucoup de scènes de party, dur à croire qu’on réussit encore à appeler ça un drame. Pour la musique, on a fait appel à Skrillex (la vedette du dubstep qui fait ici une première expérience dans le monde de la musique de film) et Cliff Martinez, à qui on doit notamment la musique de Drive.

La musique apporte une touche bien particulière à l’ambiance du film. Une portion très importante est consacrée à la musique de Skrillex (pour les portions festives surtout), ainsi que beaucoup de gros gansta rap. Le problème, c’est que dans le film, le gang qu’on suit est composé de blancs. Cela fait un peu caricatural de mettre essentiellement du rap «noir» même si, dans le contexte du film, on ne s’en formalise pas tant sur le coup. Pour le côté dubstep, cela fait aussi une caricature de la réalité, comme si tous les adolescents américains allaient dans un rave pendant une semaine à se dandiner sur du Skrillex sans jamais arrêter.

On a même droit à une chanson avec Dangeruss et James Franco (un des acteurs principaux du film), Hangin’ with Da Dopeboys, mais nul besoin de préciser que c’est encore des blancs qui essaient de se faire passer pour des noirs en ajoutant des bruits de gun en arrière-plan.

Ceci étant dit, même si la plupart des choix musicaux de Spring Breakers sont discutables, il y a eu quelques belles compositions qui ressortent positivement du lot. Il faut le dire, Cliff Martinez est celui qui sauve la bande sonore du film. C’est grâce à lui que la musique arrive, à l’occasion, à sonner comme quelque chose de sérieux et dramatique. Mention honorable à sa composition Pretend It’s a Video Game, qui crée une tension de façon toute subtile dans le film, avec une belle montée vers la fin de la pièce. Il faut aussi reconnaître à Skrillex ses quelques bonnes compos du film, With You, Friends (Long Drive) et Ride Home, où il délaisse heureusement son style habituel.

Notons aussi que la pièce Scary Monsters and Nice Sprites, qui a rendu Skrillex populaire voilà quelques années, est jouée à toutes les sauces durant le film. La version originale joue dès le début du film et à quelques détails près, elle réussit à avoir sa place dans le montage réalisé. Le thème est exploité à diverses reprises, généralement par Martinez qui en fait des versions plus ambiantes (et plus agréables). La plus intéressante est probablement Scary Monsters on Strings, en fin de film (ce qui correspond aussi au caractère plus sérieux du film à l’approche de la finale).

La chanson de générique est Lights d’Ellie Goulding. Après le gros dubstep, et le gros rap sale, on conclut sur de la pop plus légère, et ça fait beaucoup plus de bien que ce que vous pouvez imaginer.

Je n’ai pas particulièrement apprécié le film, bourré de clichés et de non-sens. Avec le recul, la musique n’a pas particulièrement aidé à briser ces clichés. Cliff Martinez a, néanmoins, fait un travail impeccable sur chacune de ses pistes et Skrillex, lorsqu’il sortait de son trop prévisible répertoire dubstep, a aussi réussi à faire quelque chose de bien. Malheureusement, ces bonnes musiques n’ont pas occupé assez d’espace dans le film et sont passées même assez inaperçues, même sur album. Dommage.

À écouter : Pretend It’s a Video Game, With You, Friends (Long Drive), Scary Monsters on Strings

4,8/10

Par Olivier Dénommée

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