L’élévation du point de chute – Jacques Kuba Séguin

a4158433424_10Sorti le 23 septembre 2014

Le trompettiste montréalais Jacques Kuba Séguin s’est solidement entouré pour son nouvel album, L’élévation du point de chute. Deux ans après son très intéressant Litania Projekt, le ODD LOT il compte ici sur la présence des saxophonistes Jean-Pierre Zanella et André Leroux, le contrebassiste Frédéric Alarie, le pianiste Jonathan Cayer et le batteur Kevin Warren pour faire vivre ses nouvelles compositions originales.

C’est à un début particulièrement funky qu’on a droit avec 3, 4. Une esthétique fusion énergique mais nuancée à la fois, ça s’écoute plutôt bien. Les solos, qui occupent une grande place dans la pièce, mais dans l’opus au complet, sont aussi très solides sans devenir indigestes. Par contre, ne vous faites pas avoir comme moi : même si 3, 4 semble finir après 6 minutes, on décide de refaire le thème encore, et de finir en fade out après près de 8 minutes de musique. Notez que c’est une longueur standard pour la musique de Kuba Séguin sur cet album alors il faut aimer le genre de durée.

Amateurs de douceur, vous serez servis avec Souvenirs d’Henri-Julien : une pièce lente et très discrète, à la mélodie épurée. Le solo de contrebasse y est aussi excellent. Il est possible que la mélodie de La fin de l’homme vous dise quelque chose; effectivement, il s’agit d’un arrangement de la chanson de Daniel Bélanger. Pour ma part, même si je connaissais la chanson originale, je l’ai trouvé très difficile à reconnaître, tellement on nous amène ailleurs.

Le dilemme I est la seule pièce où on entend de la voix. Stanley Péan a été invité pour lire le texte poétique faisant mention, vous l’aurez deviné, d’un dilemme. Le tout sur un fond de musique mystérieuse. Après quelques secondes de silence, Dilemme II démarre avec assurance. Plus énergique et surtout plus chargé, le lien semble assez peu évident avec la première partie, tellement on est dans un autre registre, loin de la lourdeur de la voix de Péan et des instruments, nous rapprochant plutôt de la vibe présente sur La fin de l’homme. Si on ne porte pas attention, on passera à Blues pour les CT sans s’en rendre compte. Cette nouvelle pièce est seulement un peu plus upbeat que la précédente et, malgré son nom, n’est pas particulièrement bluesy. Il y a, par contre, une forte utilisation de petits sons électroniques. Je sourcille toujours à 2 minutes 38, entendant un mini segment de musique qui me rappelle instantanément une mélodie tirée de Super Mario World.

L’album se termine avec Never Say Hopeless, la composition la plus lente et la plus longue (près de 10 minutes!) du lot. Elle est peut-être juste un tout petit peu trop lente pour garder en éveil, mais elle propose plusieurs bonnes idées mélodiques. On préfère quand même une pièce comme dans le registre de Souvenirs d’Henri-Julien.

Bref, c’est un album très chargé que nous offre ici Jacques Kuba Séguin : 7 pièces en 48 minutes. Tout est bien orchestré, les énergiques musicales sont variées, et tout le monde a son petit moment où il peut briller et montrer sa virtuosité. Pourtant, et je n’arrive pas encore à savoir pourquoi, je conserve quand même une préférence pour qu’il avait fait sur Litania Projekt. Mais cela n’enlève rien à L’élévation du point de chute, qui va dans sa propre direction et qui mélange avec aisance des éléments plus classiques du jazz à de nouvelles idées.

À écouter : 3, 4, Souvenirs d’Henri-Julien, Blues pour les CT

7,6/10

Par Olivier Dénommée

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