CHRONIQUE : Lancement à couper le souffle pour Jean-Philippe Sylvestre

Virtuosités SylvestrePar Olivier Dénommée

L’album est apparu à la fin du printemps, sans faire trop de bruit; on voulait attendre le bon moment pour en faire le lancement. Ce bon moment, c’était ce jeudi 25 septembre, à 19h. Dans le cadre d’un lancement-récital gratuit et ouvert à tous, le pianiste classique Jean-Philippe Sylvestre allait pouvoir non seulement nous impressionner l’ouïe par son intensité musicale, mais aussi les yeux en nous montrant qu’il peut encore refaire son exploit réalisé sur disque.

Le tout s’est passé à la salle de concert du Conservatoire de musique de Montréal. Une salle intime mais acoustiquement impeccable. Jean-Philippe Sylvestre est arrivé plus chic que jamais et s’est assis au piano Steinway. Comme sur son album, il était seul, mais a livré toute une performance. Le concept de l’album est, justement, Virtuosités : chaque pièce représente une époque différente du classique et une difficulté technique particulière. L’album offre plusieurs pistes étourdissantes tellement elles semblent difficiles à jouer; j’avais donc bien hâte de voir comment le pianiste montréalais allait faire en personne.

Sa performance au lancement a pu donner un très bon aperçu de l’étendue de son talent. Sans jouer la totalité de son album, le musicien de 32 ans a interprété 8 pistes , précisées sur le programme. C’est la Rhapsodie hongroise de Liszt qui ouvrait le bal, avec une pluie de notes. Impressionnant. Plus tard, il a admis que même si cette pièce semblait particulièrement difficile de notre point de vue, elle était plus facile que la plupart des autres jouées, même le mouvement Scarbo de Gaspard de la nuit par Ravel, pourtant plus lente, mais lourde.

Au menu, il nous a aussi livré du Scarlatti, du Brahms, du Chopin (3 de ses Études) et du Balakirev. Selon plusieurs, Islamey de Balakirev serait la pièce la plus difficile jamais composée pour piano. Dans tous les cas, peu importe le défi, Sylvestre a tout joué sans hésitation et on n’a entendu aucune fausse note. Plus impressionnant encore, l’artiste n’avait aucune partition devant lui, jouant des pièces extrêmement techniques de plusieurs minutes par cœur. Entre chaque pièce, il avait quelques mots à dire, soit des remerciements, soit des anecdotes ou des mises en contexte sur les œuvres interprétées. Jean-Philippe Sylvestre n’est pas seulement un «poète du piano», pour citer Yannick Nézet-Séguin, mais aussi une personne très humble et particulièrement passionnée pour son art.

Sa performance lui a valu deux rappels, dont un où il s’est laissé aller. «On va laisser de côté les Virtuosités un peu, j’ai envie de jouer du jazz», a-t-il dit avec un sourire avant de se lancer dans ce style en improvisant.

L’album est actuellement disponible pour écoute sur la page SoundCloud de Jean-Philippe Sylvestre. Si vous voulez entendre du piano classique qui défonce toutes les limites techniques, c’est aussi un achat que vous devriez grandement considérer.

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