Yours Truly – Ariana Grande

Ariana-Grande-Yours-TrulySorti le 30 août 2013

Il n’aura fallu à la jeune sensation pop Ariana Grande un seul album pour s’imposer comme une artiste de grand talent. Yours Truly est un premier opus où la chanteuse, âgée de 20 ans à peine, surprend avec sa voix (comparée par plusieurs à Mariah Carey) et et sa capacité à redonner vie à la musique RnB des années 1990 avec cet album.

Mettons tout de suite quelque chose au clair : ce premier album est un gros bonbon. Un bonbon pop très bien emballé et superbement produit. Et juste assez sucré. Cela donne, on ne se le cachera pas, un résultat commercial, mais terriblement accrocheur.

Dès le début, on met le paquet : Honeymoon Avenue offre une solide (mais brève) intro avec des cordes, suivie de chœurs dans la tradition RnB. La voix de Grande arrive ensuite, pleine d’assurance, et n’hésite pas à pousser la note de temps en temps. Cela pourrait en déranger certains, puisqu’elle peut passer d’une voix de poitrine à une voix de tête dans une même phrase. Sinon, pour une première chanson, c’est un peu surproduit : les bruits de klaxon sont tout simplement de trop (en plus d’augmenter drastiquement le stress si on écoute l’album en auto). Et la chanson dure trop longtemps pour ne pas dégénérer : la passe avec du gros beat à la fin et la grosse voix étaient tout simplement de trop. Malgré ces défauts évidents, Grande réussit à frapper fort dès sa première chanson. Ce n’est qu’encore plus fort pour la suite.

Baby I dit ce qu’elle a à dire, c’est-à-dire «baby» à répétition. Par contre, le rythme, encore une fois très RnB, est accrocheur. Right There aussi se laisse très bien écouter, avec un rythme légèrement plus doux que Baby I. Notons la présence du rappeur Big Sean sur la chanson qui apporte une dimension différente à la voix de la chanteuse. Par contre, dans le monde du RnB, on a tendance à abuser de ces collaborations avec des rappeurs.

Dans un registre ballade, Tattooed Heart, confirme qu’Ariana Grande sait accrocher avec presque juste sa voix. Et, en prime, elle fait de très belles ballades, dansantes et loin d’être braillardes. Autre chanson étrangement accrocheuse, Piano. Un peu de la fausse représentation, parce que le piano est particulièrement accessoire dans l’arrangement. Mais le titre est catchy, et la mélodie solidement interprétée. Le single principal, The Way, semble tout droit sorti des années 1990. Un autre bijou de musique pop/RnB alors que la chanteuse encore une jeune enfant lorsque cette musique était à mode. Le featuring de Mac Miller est bref et on ne se souviendra que peu de cette portion de la chanson.

Après The Way, l’album est censé prendre une direction plus «originale», mais à l’oreille on entend encore les fortes influences. Ce n’est, malgré tout, pas moins bon. You’ll Never Know a une très belle groove et une énergie contagieuse, alors que Almost In Never Enough (en duo avec Nathan Sykes du groupe The Wanted) est probablement la collaboration la plus intéressante de l’opus. Popular Song, avec Mika, réussit à être trop bonbon, et sort complètement de la vibe de l’album. On finit l’album avec Better Left Unsaid. Un début plus léger nous amène à un gros beat festif. Avec une voix qui répète «If you wanna party, put your hands up». Un peu cliché, mais ça finit Yours Truly avec une certaine énergie.

Nous n’avons pas encore parlé des paroles et des sujets abordés. C’est parce que c’est certainement la faiblesse principale du style d’Ariana Grande. Une pop qui n’a qu’un sujet en tête ou à peu près. On perd aussi le compte du nombre de fois qu’elle chante «baby» dans ses chansons. D’ailleurs, sur 12 titres de la version régulière, on en compte seulement 2 qui n’utilisent pas ce mot! Par contre, on réalise que le texte de Piano est, peut-être, une autodérision de Grande par rapport au fait qu’elle chante seulement des chansons d’amour sur cet album.

Aussi, en réécoutant à quelques reprises, on doit bien reconnaître que des clichés sont bien présents. Certaines chansons, mais heureusement pas toutes, sont surproduites et en voyant la liste de compositeurs pour chaque titre, on ne s’en surprend pas. Cela donne une recette, un peu formatée, mais tout de même très efficace. Pour un premier album, il semble qu’on pardonne plus facilement cette direction, qui permet déjà de montrer l’étendue des talents vocaux de la chanteuse et de présenter ses talents comme compositrice (elle a participé à l’écriture de 5 titres). Comme mentionné plus haut, c’est un petit bonbon pour les oreilles, qui plaira aux fans de pop plus commerciale et les nostalgiques des la musique RnB d’il y a 20 ans, puisque cet album en est un hommage non-officiel.

À écouter : Tattooed Heart, Piano, The Way

7,8/10

Par Olivier Dénommée

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