Toutte est temporaire – Daniel Boucher

DanielBoucher_pochette_410x410Sorti le 11 novembre 2014

Gros retour pour l’auteur-compositeur-interprète québécois Daniel Boucher, qui avait pratiquement disparu depuis 6 ans, après la sortie de Le soleil est parti. Son nouvel album, Toutte est temporaire, nous rappelle immédiatement que son habitude à jouer avec les mots est demeurée intacte. Il semble que l’artiste a voulu faire un quatrième album légèrement plus ensoleillé musicalement, mais toujours aussi engagé dans son propos.

Le premier contact qu’on a avec sa nouvelle musique est l’intro Histoire de ma vie (Scusez menutte), où on entend des répétitions de sa voix qui «s’excuse menutte», entre autres. Une minute et demie est peut-être un peu long pour cela. Heureusement, on passe ensuite aux choses sérieuses avec À ma place. Justement, place aux mises en questions créées par ce titre.

Déprime passagère en écoutant la breakup song Mont-Louis, et on arrive à la chanson engagée La piasse est morte. Texte intéressant, mais pas tout à fait aussi marquant que ses classiques. Au milieu de l’album, on a droit à La langue, concrètement du drum sur des samples d’un discours d’Yvon Deschamps portant sur le français. Idée intéressante en théorie, mais vous allez probablement sauter cette piste de près de 4 minutes 30 plus souvent qu’autrement. C’est aussi surtout le message le moins subtil que Daniel Boucher envoie sur cet album.

Heureusement, la seconde moitié de l’opus reste un peu plus en tête. À commencer par Embarques-tu (avec la rythmique de Je n’ai pas de rose pour ta fête des Karrick) qui répond un peu à cette promesse de légèreté. Aussi, derrière ces allures de sympathique chanson d’amour se cache un message politique fort. Et son clip est à la fois étrange et fascinant. Vient ensuite Granby, chanson légère qui vous arrachera un sourire.

Salon Magique raconte une sympathique histoire psychédélique. Fait vécu ou imagination lors de l’écriture? Qu’importe, c’est assez irréaliste pour être vrai et c’est tout ce qui compte! Spoiler alert : dans Qu’est-ce qui reste à faire?, la réponse à cette question du chanteur est claire puisqu’il le répète amplement : faire l’amour.

Déjà à la dernière piste, c’est la chanson-titre qu’on garde pour la fin. Toutte est temporaire termine le tout avec douceur, en formule guitare-voix. Avec un message qui porte à réfléchir. «Toutte est temporaire / L’hiver est temporaire / La vie est temporaire / J’espère juste que la mort l’est aussi». Puis il se met à réciter une série de nom, ayant pour noms de famille Granger, jusqu’aux derniers portant le nom de Boucher. On devine alors qu’il s’agit de ses ancêtres.

Malgré cette solide deuxième moitié d’album, les nostalgiques de ses grands succès ne seront pas vraiment rassasiés. Aucun titre de l’opus ne peut vraiment espérer passer à l’histoire comme La désise ou Le poète des temps gris (en 1999) ou encore Le vent soufflait mes pellicules (en 2004). Si cet album a du succès, cela en sera certainement un temporaire (ce qui est dans le thème). Pour un vieux routier comme Daniel Boucher, c’est un peu décevant.

À écouter : Embarques-tu, Granby, Toutte est temporaire

6,4/10

Par Olivier Dénommée

(Modifié le 18 février 2015)

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