CHRONIQUE : Mundial, jour 2

IMG_2329Par Ragoo et Olivier Dénommée

La deuxième journée du Mundial présentait une panoplie d’artistes, dont une portion en après-midi, avec la formule «Les après-midis gratuits». C’est surtout les spectacles en soirée dont nous parlerons ici avec quelques spectacles positivement contagieux. Les shows du mercredi 19 novembre avaient tous lieu en alternance entre la salle du Café Campus et le Petit Campus.

En après-midi : Paul Deslauriers et Anwar Khurshid

Ragoo : La foule était dense pour ce premier spectacle de la journée. Le grand Paul Deslauriers nous présentait le fruit de sa collaboration avec Anwar Khurshid, maître du sitar. Ils étaient assistés par Greg Morency à la basse et Sam Harrison à la batterie. Ils sont tous arrivés sur scène vêtus d’une tunique traditionnelle indienne et pieds nus. La table était mise. Sans perdre de temps, Deslauriers et Khurshid ont défilé à tour de rôle les solos en étant soutenus avec énergie par la section rythmique. Tout le monde était à l’écoute et envoûté par ce mélange blues folk ambiant. Au fur et à mesure que le spectacle avançait, on sentait les musiciens entrer dans une transe musicale incroyable qui se reflétait dans leur performance. À entendre les applaudissements à la fin de la vitrine, on en conclut que le public fut conquis.

***

En soirée : Elizabeth Shepherd

Ragoo : La scène était habillée d’un décor rappelant l’esthétique de l’album. Elizabeth Shepherd s’est installée à l’avant-scène, devant son piano, et à démarré son spectacle en toute simplicité.  Accompagnée par son contrebassiste, son batteur, son percussionniste et son guitariste, elle a interprété des chansons de son plus récent opus The Signal. On pouvait ressentir la belle complicité entre les musiciens et la chanteuse. Les interventions entre les chansons se faisaient naturellement et sans prétention. Le public eu droit à une performance électro-jazz de haut niveau et il n’a pas caché sa déception lorsque la fin est arrivé.  On en aurait écouté plus.

Olivier Dénommée : J’avais bien apprécié son dernier opus qui mettait en vedette Lionel Loueke sur certaines pistes et j’avais certaines attentes envers la performance de la chanteuse et claviériste. La synergie semblait bonne entre les musiciens qui maîtrisent les chansons, mais il manquait un peu de mouvement sur la scène qui n’aurait pas fait de mal. La plupart des artistes présents au Mundial sont expressifs et énergiques sur scène, alors qu’on a eu droit à une prestation feutrée avec un public un peu timide. J’en aurais définitivement pris plus, même si l’artiste a su choisir la plupart des meilleures chansons de The Signal.Elizabeth Shepherd par Olivier Dénommée

Cris Derksen

OD : Bien des gens ont découvert l’artiste ce soir-là. D’origine autochtone, la violoncelliste de formation classique opte pour un mélange des genres assez particulier. On touche à l’ambiant, au classique, aux rythmes autochtones, à l’électro… L’éclectisme de Cris Derksen n’a toutefois pas réussi à me convaincre en une prestation aussi brève qu’une vingtaine de minutes! Pourtant elle a gagné des prix et composé de la musique pour la télé et le cinéma. C’est vraiment le format du Mundial qui rendait plus difficile l’apprivoisement de cette musique dense et à tendance expérimentale.

Cris Derksen par Olivier Dénommée

Vox Sambou

R : Quel spectacle que nous a présenté Vox Sambou! Il est arrivé sur scène avec une énergie contagieuse et avec comme objectif de nous faire bouger. Appuyé par des musiciens aussi expressifs et énergiques que lui, il a littéralement mis le feu au Café Campus. Les pièces s’enchaînaient rapidement et avait beaucoup de rythme. Avec des chansons variant du reggae, au soukous, en passant par le compas haïtien, le chanteur a fait danser la foule du début à la fin de son concert. Il a même eu droit à une belle ovation bien méritée.  Définitivement mon coup de cœur de la soirée.

OD : Une prestation sudorifique qu’a offert le Montréalais né à Haïti. Parmi ses solides musiciens, on a pu reconnaître Malika Tirolien (qui a elle-même participé au Mundial la veille) qui complimentait à merveille la voix du chanteur et rappeur. Il y avait toujours de l’action sur scène, pas un seul temps mort. Vox Sambou faisait peut-être un peu d’attitude, mais cela fait partie du personnage et ça l’a rendu finalement très attachant et sympathique.

Vox Sambou par Olivier Dénommée

Kinnie Starr

R : Productrice, rappeuse, chanteuse et provocatrice, voici comment est décrite Kinnie Starr par le Mundial. Dès la première chanson, la talentueuse rappeuse nous a démontré son habilité avec les mots et la qualité de son «flow».  Sa voix s’apparente à celle de l’artiste populaire Lorde. En première partie du spectacle, seule une trame sonore était avec elle. Des musiciens se greffaient au décor au fur et à mesure que le temps passait. Entre autres Cris Derksen, qui avait joué un peu plus tôt dans la soirée, l’a accompagné au violoncelle et au chant. La foule présente au Petit Campus bougeait au rythme des chansons avec aplomb. Malheureusement, le son était un peu brouillon ce qui empêchait d’apprécier les séquences et effets de voix à leur juste valeur. Par chance, le plaisir sur scène et le charisme de l’artiste étaient contagieux à en effacer les faiblesses.

OD : J’avais entendu beaucoup, beaucoup de bien au sujet de Kinnie Starr et j’avais hâte de savoir ce qu’elle avait de si exceptionnel. Dès la première chanson, dans un registre purement hip-hop avec playback, j’ai dû reconnaître qu’elle avait un certain talent même si je ne suis pas spécialisé dans ce registre. Mais la belle surprise a été lorsque les autres musiciens sont arrivés pour en arriver à une performance plus organique, et beaucoup plus folk qu’électro-hip-hop. Car elle arrive très bien à passer d’un genre à l’autre, comme si de rien n’était. Une performance trop brève tenant compte qu’on avait deux univers complètement différents à découvrir de cette seule et même artiste. C’était mon petit coup de cœur de la soirée.

Kinnie Starr par Olivier Dénommée

Lula All-Stars

OD : Ce big band torontois se spécialise dans la salsa pure et dure. Imaginez 11 musiciens sur la scène du Café Campus qui vous lancent leurs compositions originales, mais qui sonnent comme si elles venaient tout droit d’Amérique latine. Les musiciens étaient virtuoses et leur musique, particulièrement entraînantes. Cela n’a pas pris longtemps avant que des couples se mettent à danser devant la scène. Anecdote : cela devenait tellement risqué de circuler entre les couples que j’ai dû moi-même danser une pseudo-salsa pour suivre le rythme de leurs mouvements et éviter les danseurs. Good job, Lula All-Stars. Le seul défaut du fait que le band soit «trop» fort en musique salsa, c’est que si on fermait les yeux, on se croirait dans une ambiance des 3 Amigos, mais sans les fajitas.

Lula All-Stars par Olivier Dénommée

Pierre Kwenders

R : Présenté comme «Le vrai PK» par Philippe Fehmiu de ICI Radio-Canada, il est arrivé sur scène comme une principauté, précédé par son propre drapeau. La salle du Petit Campus était pleine à craquer et les gens savaient à quoi s’attendre. Le contraste entre les rythmes tribaux joués en direct sur des instruments organiques et les rythmes électroniques joués en trame sonore était très surprenant. Les racines congolaises du chanteur se ressentaient dans ses créations qui mélangeaient le rap et l’électro-lounge au worldbeat. Peut-être à cause de l’heure, l’artiste semblait manquer d’énergie en fin de concert. On pouvait tout de même ressentir son charisme indéniable. Pierre Kwenders a vraiment un style unique en son genre qui ne peut se comparer à rien sur le marché présentement.

OD : Ce qui a frappé le plus dans cette prestation, c’est le côté très théâtral de l’entrée de Pierre Kwenders, puis sa performance où il n’a juste jamais arrêté de bouger. Le Montréalais était bien entouré de ses musiciens et le show était solide, rendant bien justice à son album, Le dernier empereur bantou, sorti encore récemment. Le mélange des genres était aussi bien équilibré. C’était rafraîchissant même si cette dernière performance de la soirée en a épuisé plus d’un.

Pierre Kwenders par Olivier Dénommée

La suite de nos comptes rendus se trouve ici.

(Crédit photos : Olivier Dénommée)

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