Popular Problems – Leonard Cohen

leonard-cohen-popular-problemsSorti le 23 septembre 2014

C’est âgé de 80 ans que le Montréalais Leonard Cohen sort son treizième album en carrière, intitulé Popular Problems. On reconnaît immédiatement sa grosse voix grave et ses influences folk, qui se mélangent ici au pop-rock et au blues.

L’album a connu un bon succès depuis sa sortie, autant commercial que critique. Avec raison : il offre après tout un matériel varié et parfois même rafraîchissant. C’est surtout dans les arrangements qu’il se démarque avec cet album.

Par exemple, sur Slow, il y va d’un lourd blues. Si sa voix ne nous offre plus de surprises depuis longtemps, c’est l’usage efficace des voix féminines qui fera la différence. Ces voix reviendront souvent durant l’opus, offrant une alternative au grave de Leonard Cohen. Almost Like the Blues est plus intéressant : tout d’abord dans la musicalité, intrigante et efficace. Et l’histoire derrière la chanson est un hommage au «gourou» zen de Cohen, Kyozan Joshu Sasaki Roshi, décédé en 2014 à l’âge très vénérable de 107 ans, est encore plus intéressante.

La ballade Samson in New Orleans change le mood sur cet album très bluesy jusqu’à présent, ce qui se prend finalement très bien. Et les douces voix féminines font encore leur retour. Plus loin, on a droit à My Oh My, une des chansons où Cohen met le mieux à profit sa voix grave. Sans être compliquée, elle offre une énergie blues-folk efficace où chaque note a sa place. Et la dernière piste de l’album, You Got Me Singing, est effectivement chantante, autant grâce aux voix qu’au petit violon qui ajoute une touche country au tout. Peut-être juste un peu trop doux comme finale, après un album à forte tendance blues comme celui-ci.

Malgré les croyantes juives et zen de l’artiste, certaines chansons semblent pousser ses influences jusqu’au gospel, notamment sur A Street et Born in Chains. L’intrus de l’album est probablement Did I Ever Love You, qui ressemble plus à une comptine folk-country (du moins au refrain) que d’une chanson de Leonard Cohen. Ce n’est pas mauvais, mais on est très loin des autres chansons de Popular Problems. Nevermind a aussi des sonorités surprenantes; notamment des chants arabes.

Force est d’admettre que Leonard Cohen a bien vieilli. Musicalement, il nous amène ailleurs, sortant largement du cadre folk-rock qui a fait sa renommée voilà quelques décennies. Bien que les compositions n’aillent pas nécessairement en profondeur, les arrangements, eux, valent souvent le détour. Certainement pas le meilleur Cohen, mais du très bon Cohen malgré tout.

À écouter : Almost Like the Blues, Samson in New Orleans, My Oh My

7,9/10

Par Olivier Dénommée

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s