Au pays d’Alice – Ibrahim Maalouf et Oxmo Puccino

Ibrahim Maalouf Pays d'AliceSorti le 18 novembre 2014

Le projet est né en 2011 : une commande d’un spectacle inspiré d’Alice au pays des merveilles a été faite au trompettiste et compositeur Ibrahim Maalouf. Il s’est allié au poète et rappeur Oxmo Puccino pour les textes. Quelques années plus tard, ce spectacle est transposé sur album. On y retrouve du classique, du jazz, du rock… le tout avec une touche de rap bien sûr. Un album-concept très chargé qui nécessite quelques bonnes écoutes.

Ne vous laissez pas berner par l’Introduction de l’album, ambiante et douce. Il permet aussi d’entendre les instruments qui domineront durant les portions classiques. C’est seulement dans Tomber longtemps que l’on entend les paroles pour la première fois. Les sonorités sont rêveuses, presque planantes. Bonne mise en contexte du début de l’histoire, avec un build-up de plus en plus intense à partir du milieu de la piste. Dans la dernière portion, l’instrumentation avec les cordes et la trompette rappelle même le style de Woodkid.

On passe ensuite au rock sur Jamais quand il faut. C’est là que le mélange entre les styles débute, alternant d’une piste à l’autre. Du côté des narrations, tantôt on avance dans l’histoire, tantôt on insiste sur un moment particulier. On a aussi droit à des interludes (de style classique). Bien que l’histoire soit le fil conducteur, certaines pistes arrivent à sortir du lot de par leur musicalité plus marquante.

La Porte-bonheur (jeu de mots voulu), notamment, fait partie de ces titres. Un petit jazz bien groovy, avec un furieux solo de trompette. Aussi, Les conseils d’une chenille retient l’attention pour ses textes sur une musique rock-blues. Poivre et cochon mélange un rock avec chœur à un classique ambiant. Puissant. Sans parler d’une portion où Oxmo Puccino se transforme en commentateur sportif.

C’est à partir de Partie de croquet que cela commence à se brouiller. L’histoire semble juste aller de plus en plus vite et la «finale» de l’opus, Le process, conclut le tout de façon assez brusque. Le «Et voilà» qui conclut la narration laisse particulièrement sur notre faim, d’autant plus qu’il reste ensuite près d’une minute de musique, de quatre mesures répétées. Au moins ces mesures sont intenses.

Il est normal de ne pas accrocher dès la première écoute. Il y a tant à entendre : la musique, les paroles, les subtilités et doubles-sens, etc. Le concept est intéressant, aucun doute à avoir là. Musicalement, les styles, très éclectiques, n’arriveront probablement pas à combler tous les auditoires, mais le mélange est assez bien fait la plupart du temps et il rend bien justice à l’histoire qu’on cherche à transporter. Les paroles arrivent, de leur côté, à résumer l’histoire à bien des moments, mais nous perdent aussi à l’occasion. La poésie et les jeux de mots sont généralement réussis, mais plus on avance dans l’album, plus on semble s’y perdre. C’est là, à notre sens, que le projet perd le plus de points.

À écouter : Les conseils d’une chenille, Poivre et cochon, L’heure du T

6,8/10

Par Olivier Dénommée

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