I Have No Everything Here – Zomba Prison Project

Zomba Prison ProjectSorti le 27 janvier 2015

Pour commencer, un peu de géo : Zomba est une ville au sud du Malawi, pays du sud-est du continent africain. À Zomba, il y a une prison datant du 19e siècle où vivent actuellement plus 2000 prisonniers. Le producteur Ian Brennan et sa femme Marinela Delli ont rendu visite aux prisonniers de Zomba; cette rencontre a permis l’enregistrement de l’album I Have No Everything Here du Zomba Prison Project.

Le projet est simple : on a invité les prisonnier à partager leurs chansons, avec leurs propres instruments s’ils en ont. Plusieurs sont arrivés a capella, d’autres sont arrivés avec leurs instruments sommaires, pas toujours accordés. Mais tout le monde a joué avec son cœur, avec des mélodies qu’on n’entendra probablement jamais ailleurs. Pour ce premier enregistrement, on a retenu une vingtaine de titres.

Chanté dans un dialecte local, on ne comprend rien aux paroles. En revanche, l’intensité et l’intension arrivent à être comprises assez facilement lorsqu’on s’y attarde. Malgré la langue étrangère, tous les titres sont proposés en anglais.

Notamment, on commence en force avec Listen to Me (or I Will Kick Your Ass). Malgré le nom, on a droit à une chanson très douce, un peu bluesy, et extrêmement mélodique où la voix n’est accompagnée que d’une guitare. La voix de Taking My Life, qui craque à quelques reprises, a aussi quelque chose de très touchant. Prison of Sinners offre un petit air de folk-blues féminin accompagné d’une guitare. Idem pour Last Wishes, The Weary & the Burdened et Forgiveness.

On a aussi des pièces plus rythmées, comme Women Today Take Care of Business, A Message (I Will Take You), Jealous Neighbor (un air a capella très efficace, malgré des voix particulières dans la seconde portion), I See the Whole World Dying of AIDS, The Floods, When They See Me Dance et Let’s Go!!!, pièce finale de l’opus.

Mention à Please, Don’t Kill My Child, avec la progression d’accords qui rappelle un peu celle du fameux Canon de Pachelbel. Encore là, c’est la voix qui se démarque le plus avant un air tantôt rythmé, tantôt plus dramatique. Mention également à I Am Alone, très proche d’une berceuse.

Sur 20 titres, plusieurs sont très brefs, ne dépassant pas nécessairement la minute, permettant à un maximum de prisonniers l’occasion de se faire entendre. Généralement bien enregistré, l’album se veut tout de même assez authentique dans la mesure où on nous livre la performance des musiciens telle quelle. De la musique à l’état brute, dans un contexte où les artistes n’ont en fait plus rien à perdre. Cela change beaucoup la relation avec la musique.

Tout l’album se retrouve sur Bandcamp.

À écouter : Listen to Me (or I Will Kick Your Ass), Please, Don’t Kill My Child, The Floods

Par Olivier Dénommée

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