Les Ékorchés – Les Ékorchés

Les ékorchésSorti le 14 mai 2007

Les Ékorchés sont un peu l’Apocalyptica de chez nous : ils font du métal sans guitare électrique. Outre les classiques chant et batterie, les deux autres membres du groupe jouent une guitare acoustique munie d’un amplificateur et d’un violoncelle électrique. Et comme pour le groupe finlandais, le résultat est à la fois lourd, original et agréable tout en ayant un certain côté raffiné.

Sur ce premier album, on retrouve quinze chansons qui dépassent rarement les trois minutes. La plus longue, Tête dans l’kul qui conclut l’album, dure quatre minutes vingt secondes. Ainsi, on retrouve une structure musicale typique du grindcore. Par ailleurs, le groupe se considère sur Facebook comme du «akousticore».

De manière générale, l’originalité du groupe se trouve plus dans le concept en tant que tel que dans leurs compositions. Plusieurs chansons, leurs riffs plus spécifiquement, m’ont donné une impression de déjà entendu. Cependant, comme c’est joué sur des instruments originaux pour un groupe métal, ça passe assez bien.

Principal point négatif : je ne m’attarde que rarement aux paroles de chansons, mais dans ce cas-ci, j’ai trouvé qu’à certains moments elles manquaient un petit quelque chose entre la rime et la poésie. Je n’aime généralement pas l’utilisation du joual dans une chanson ou groupe. Attention, ne pas confondre joual et accent québécois. Le premier donne généralement une couleur agréable et naturelle aux chansons. Dans ce cas-ci, j’ai la sensation que le joual est forcé, que de belles paroles ont été «joualisées» et ça leur donne un aspect plus débile qu’autre chose par moments, surtout en considérant que la poésie, même la rime, n’est pas toujours au rendez-vous, comme sur Vendredi.

Mais assez parlé du négatif, car l’album m’a généralement fait bonne impression. Nombre de chansons rentrent dedans, comme Shot ça yeule ou encore Haine, ma préférée. Malgré l’impression de déjà-entendu, l’instrumental reste efficace, sans pourtant être simple. Aucun temps mort tout au long de l’album ni aucune balade forcée. Une telle chanson n’aurait à mon avis tout simplement pas sa place.

Si je critique le manque de poésie ou le niveau de langage parfois douteux, les textes, en revanche, sont généralement poignants et traitent de sujets sérieux sous un angle de rébellion, de frustration contre les injustices de ce monde. Citons entre autres Naître d’un chakal, Haine, La poly, On est en guerre et bien d’autres.

En bref, un album que je vous recommande ne serait-ce que pour l’originalité du concept des Ékorchés.

À écouter: Shot ça yeule, Haine, On s’tire dans l’pied

7,5/10

Par Sacha Dürig

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