Anybody Listening, Pt.1 : Monologues – Cécile Doo-Kingué

CDK_Monologues_albumcoverSorti le 24 février 2015

La Camerounaise établie à Montréal Cécile Doo-Kingué est déjà connue pour son jeu de guitare et sa voix grave. Pour son troisième album, elle se lance dans une aventure solo, offrant un blues acoustique dénudé de tout enrobage : il n’y a qu’elle et ses instruments, dans la plus grande intimité. Ce concept rappelle d’ailleurs un peu le projet Blueprints d’Adam Karch, mais avec des compositions originales.

Fait à noter : cet album est le premier d’une trilogie à venir. Celui-ci, intitulé Monologues, s’explique aisément de par le fait qu’elle «parle» seule, sans interagir avec d’autres musiciens en studio.

Make Me commence en force, avec un blues solide et un sujet… chaud. Cela suffit pour briser les tabous tout de suite. On n’a que la guitare, les paroles crues de la chanteuse, et une tambourine. C’est tout ce qu’il faut pour instaurer le rythme. Cela n’empêche pas des variations dans l’énergie : Third World Child y va d’un folk-blues empreint d’une subtile mélancolie (et le sujet s’y prête très bien, justement). Idem pour Six Letters, parlant du dur sujet (mais tristement toujours d’actualité) du racisme.

Cécile Doo-Kingué quitte temporairement ce registre pour aller vers quelque chose de plus «lumineux». Little Bit et Home sont pleins d’un positivisme qui porte à réflexion. Home offre quelques passages en français, et la transition entre les deux se fait généralement assez bien. Cette union de ces deux langues correspond justement au message que véhicule la chanson. Un des bons coups de l’opus.

Puis on revient à des sujets moins légers : Bloodstained Vodka est probablement le plus troublant. Animal Kingdom, plus loin, frappera par son refrain accrocheur et imagé. La chanson-titre, Anybody Listening, met fin à l’opus, avec une chanson lente traitant de solitude.

Décidément très engagé, cet album met assez l’accent sur la musicalité pour donner envie d’être écouté et réécouté, mais offre assez de chanson à texte pour nous convaincre de sérieusement porter attention au propos de l’artiste. Un équilibre pas toujours facile à atteindre, mais généralement très bien atteint par Cécile Doo-Kingué. Un album-concept audacieux et bien réalisé, qui met la barre haute pour les deux suivants.

L’album est disponible sur plateforme numérique sur le site officiel de l’artiste.

À écouter : Third World Child, Home, Animal Kingdom

8,1/10

Par Olivier Dénommée

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