You Can’t Stop Me – Suicide Silence

You_Can't_Stop_Me_(Suicide_Silence)Sorti le 15 juillet 2014

Le quatrième album studio de Suicide Silence marque un changement important dans le line-up du groupe : le décès du chanteur Mitch Lucker a forcé le band de deathcore à faire appel à Hernan «Eddie» Hermida de All Shall Perish. Pour traiter de You Can’t Stop Me, deux points de vue se rencontrent.

You Can’t Stop Me vu par Mathieu Laferrière

Suicide Silence serait-il mort avec Mitch Lucker?

On aurait pu s’attendre à quelque chose de complètement changé, quelque chose de nouveau dans la touche musicale de ce band deathcore américain, surtout depuis le malheureux décès du chanteur Mitch Lucker en 2012. Or, c’est l’ancien chanteur de All Shall Perish qui, décidant de prendre les rennes, délaisse du même coup ASP. Je ne connais pas l’histoire derrière ça, mais je peux être certain qu’il y a beaucoup plus de visibilité accordée à Suicide Silence qu’à All Shall Perish, et pour ainsi dire, plus de blé impliqué.

Ceci dit, pour l’écoute de l’album, je dois dire que j’avais hâte d’entendre ce que le groupe avait préparé pour ses fans. Diantre! J’ai été grandement déçu que, non seulement l’album sonne définitivement comme sur The Black Crown (2011), mais que l’album représente l’antonyme de l’originalité et de l’innovation en ce qui a trait aux mélodies de guitare, mais aussi aux fameux breakdowns qui font la popularité de ce style de musique «core» assez récent. On pourrait mélanger les pièces de ces deux derniers opus et on ne saurait distinguer quelles chansons viennent du dernier. Dommage. Aussi, le bass drum aurait dû être beaucoup plus fort.

Pour l’ambiance? Il n’est pas question de clamer que l’ambiance doit être exclusivement gardée pour les groupes de musique atmosphérique, mais je crois qu’une ambiance de core se doit d’avoir un certain cachet, une singularité pour être considérablement reconnue pendant l’écoute, chose dans laquelle un groupe comme Oceano, par exemple, excelle selon moi. Un autre flop de ce côté. Si on peut sembler intrigué au début de l’écoute, les mélodies semblent redondantes à mesure que l’on passe au travers.

On parle souvent du fait qu’innover et progresser, musicalement parlant pour un groupe, est une bonne chose mais, évidemment, il y  en aura toujours certains qui seront déçus du changement et des modifications apportées. Je demeure de ceux qui sont complètement désappointés de cet album, justement parce qu’il appert que cette touche unique est absente. Bien que je préfère beaucoup plus la sonorité de The Cleansing (2007) et de No Time to Bleed (2009), il y avait définitivement quelques parcelles musicales intéressantes sur The Black Crown, alors que je n’en ai pas vraiment trouvé dans You Can’t Stop Me. On aurait dit que le groupe a manqué d’audace et s’est terré dans la recette identique de son dernier opus, croyant que le vrai changement se faisait dans le line-up… alors que ça résulte, au final, à bonnet blanc, blanc bonnet.

Je dois dire que je ne serais pas étonné que les meilleures années de Suicide Silence se trouvent derrière lui. Je lui souhaite quand même un meilleur avenir… sait-on jamais.

***

You Can’t Stop Me vu par Sacha Dürig

Est-ce que vous me croiriez si je vous disais que je viens d’écouter un album deathcore qui ne m’a pas fait péter un câble? Je pense qu’il s’agit d’une première! Suicide Silence est l’archétype du groupe que je n’aime pas et dont je redoutais le moment ou je devrais critiquer un de ses albums. Surtout que je me souviens que l’ex à une amie écoutait du Suicide Silence et l’expérience (il s’agissait de pièces de l’album No Time to Bleed) m’avait fortement déplu. Ainsi, j’arrive sur You Can’t Stop Me avec un préjugé défavorable qui a partiellement été démonté.

Bon, comme c’est du deathcore, est-ce que j’ai besoin de spécifier que c’est brutal as fuck? Dès Inherit the Crown, on devine que cet album ne cède pas un pouce à la pop légère et abrutissante. Ici, le but est de te rendre sourd le plus rapidement possible tellement c’est bruyant. Blast beats, guitares accordées très bas, breakdowns, tous les ingrédients sont réunis pour avoir un album brutal comme le veut le genre.

D’un autre côté, autant les ingrédients sont là, autant les musiciens s’amusent avec tout en explorant d’autres genres brutaux comme le thrash ou le brutal death. Suicide Silence sur You Can’t Stop Me ne se cantonne pas à son genre, et c’est agréable à écouter. De plus, on sent une fluidité tout au long de l’opus : les pièces s’enchaînent sans interruption. On détecte ici une volonté d’être cohérent sans pour autant être répétitif, même si certains passages se ressemblent.

La voix, contrairement à beaucoup d’autre groupes du genre, n’est pas mal mixée au point d’enterrer les autres instruments. Au passage, sans vouloir offenser les fans du Suicide Silence classique, je préfère la voix d’Eddie Hermida à celle de Mitch Lucker, même si, pour moi, la plupart des screamers, c’est du pareil au même.

Ainsi, du deathcore non répétitif, ça existe et, même si vous ne verrez pas du Suicide Silence dans ma playlist, vous ne verrez pas non plus ce groupe dans ma liste noire. Je recommande fortement cet album aux amateurs de musique extrême de ce genre.

***

Salon Mathieu
À écouter : La première pièce (M.A.L.) m’est naturellement apparue comme celle que j’ai le plus appréciée
5/10

Selon Sacha
À écouter : Inherit the Crown, Cease to Exist, We Have All Had Enough
7,5/10

(modifié le 27 juin 2016)

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