Ars Moriendi – Chasse-Galerie

Chasse-galerie amSorti en 2010

Coup de masse

C’est dans une aventure tout à fait singulière que l’on s’embarque lorsqu’on écoute Ars Moriendi, le premier full-length du groupe de la ville de Québec. Du militantisme remarquablement bien enraciné dans une musique noire et incroyablement émotionnelle.

Sans trop en savoir sur le processus de conception et d’écriture, je peux tout de même être certain que la composition se nourrissait dans la politique du terroir, dans ses rêves et ses déboires. Les textes des chansons laissent par ailleurs transparaître une poésie noire et réfléchie, qui est écrite dans la langue de Molière. On n’est pas sans se rappeler lesdites déceptions, récentes ou moins, pour les indépendantistes du Québec. C’est donc selon moi un mariage entre la haine de ce passé politique de la fin du vingtième ainsi que du black métal québécois, qui s’impose comme un des meilleurs albums black du Québec, d’ailleurs parmi une des régions les plus prolifiques de ce genre, Capitale nationale.

Les riffs s’enchaînent impitoyablement dans une ambiance pugnace et morbide. Pas de temps de repos et j’ai l’impression que les chansons sont d’une durée adéquate, que les mélodies soigneusement construites et qu’il n’y a pas de longueurs ni de riffs que l’on répète un peu trop souvent. Les guitares sont parfaitement audibles, idem pour la batterie, sans toutefois livrer un son trop clair. Le son de la guitare basse aurait pu être un peu plus fort, mais dans l’ensemble c’est un bien bon mix.

L’opus démarre dans une introduction lente, triste et posée, comme si l’on venait d’annoncer une imminente tragédie à venir. C’est définitivement la seule partie de cet album qui sera plus lente, parce qu’après s’ensuivent des chants violents à souhait. La pièce qui m’a le plus marqué est sans contredit La patrie des sans âme, définitivement parce que les riffs de celle-ci sont tous aussi incroyables les uns que les autres. Il y a une courte trêve un peu avant d’avoir droit à un  solo de guitare de deux minutes qui nous rentre en pleine figure avec frénésie. Dans mon cas, c’est définitivement ce solo d’une résonance légendaire qui forme le point culminant, voire l’apothéose de l’opus.

Si vous êtes un néophyte dans la musique métal, cet album peut être dur à digérer. S’il n’y avait qu’une seule chose à critiquer pour cet album, ce serait la quantité de solos de guitare qu’il contient, c’est-à-dire seulement un. Or, je demeure curieux et j’ai très hâte de voir ce que les gars de CG, présentement en studio, vont nous livrer comme matériel. D’une violence inouïe, l’album est pour moi un chef-d’œuvre.

À écouter : Notre terre, La patrie des sans âme

9,2/10

Par Mathieu Laferrière

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