Movin’ Forward – Robi Botos

PrintSorti le 24 mars 2015

Robi Botos en a fait du chemin. Ayant quitté sa Hongrie natale pour le Canada en 1998, il s’est fait un nom comme pianiste accompagnateur et même le regretté Oscar Peterson l’a pris sous son aile. Son premier album, Place to Place paru en 2011, n’était qu’un début. Quatre ans plus tard, il revient, en formule quatuor, pour Movin’ Forward.

Robi Botos semble vouloir ramener le bebop au goût du jour, avec des compositions longues truffées d’improvisations, mais avec un sens de la mélodie certain. Et c’est assez réussi.

Dans des compositions aussi chargées (rien en bas de 5 minutes), difficile de tout retenir. Il y a tout de même certains éléments plus accrocheurs que d’autres. Par exemple, l’intro de batterie de EurOrleans, première pièce de l’opus, restera dans bien des esprits. Enfin, pour ceux qui connaissent la (traumatisante) chanson Bananaphone de Raffi! Aussi, dès ce premier titre, on sent le sens du partage de l’artiste, laissant à tout le monde son petit moment de gloire. Le solo de sax (avec ses effets) de Seamus Blake vaut d’ailleurs le détour. Pour CapTAIN KirkLAND, probablement écrite spécialement pour le batteur Jeff «Tain» Watts, l’intense ligne de drum, qui s’intensifie (voire dégénère) à la fin, en fera frissonner plus d’un.

La première pièce «lente» de l’opus est Violet, qui s’adonne à être le nom de la conjointe de Robi Botos. Une pièce sensuelle où c’est le sax qui a la parole la majorité du temps. Juste après, Close to You conserve ce registre suave loin d’être désagréable, tout en ajoutant un peu de vitesse et de groove à l’ensemble. On y a aussi droit à quelques solos très rythmés en seconde moitié de pièce. Revient pourtant à la douceur avec Unanswered. Ce qui n’empêche pas une ligne très intense de saxophone en milieu de pièce, et une montée plus que parfaite qui mène à la finale de la composition.

Après ce passage doux de quelques pièces, la groove  bop reprend du service. Softly as in a Morning Sunrise, notamment, nous ramène à cette énergie qui caractérisait les premières pistes de l’opus. Par contre, le build-up est un peu lent dans Heisenberg. On aurait pu s’attendre à plus punché, surtout avoir entendu plusieurs belles montées plus tôt. En fait, en fin d’opus, seule la toute dernière, Romungro, retiendra vraiment l’attention. Cette finale, plus ambiante que tout le reste, rappelle qu’il sait aussi expérimenter. Malgré cela, on a droit à une fin d’album moins forte que ses deux premiers tiers, qui ne manquaient pas de mordant. Ce déséquilibre peut heureusement se corriger en écoutant l’album en lecture aléatoire.

Botos, il faut lui donner ça, sait bien s’entourer et a le talent d’offrir de belles compositions bien ficelées. Les faiblesses de son album sont celles du style qu’il défend : des pièces trop longues pour être vraiment mémorables et faciles à fredonner. Tout de même, malgré cette vague de solos virtuoses, aucune des compositions de l’album Movin’ Forward ne sera vraiment agressante pour l’oreille. Il est surprenant pour un artiste de cette envergure qu’il ne soit pas encore plus connu ici.

À écouter : CapTAIN KirkLAND, Close to You, Unanswered

7,4/10

Par Olivier Dénommée

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