Les grandes artères – Louis-Jean Cormier

Louis-Jean CormierSorti le 23 mars 2015

Le deuxième opus très attendu de Louis-Jean Cormier est une grande artère qui mène droit au cœur. Très aérien et mélancolique, cet album fait voyager la tête et le cœur à travers les aléas de la vie. «On a tous des démons dans l’angle mort.» (St-Michel)

Les sujets abordés tournent presque exclusivement autour des routes, des sentiments humains et de l’organe qui leur permet de vivre, inspirant le titre de l’album.

Les grandes artères, c’est un Louis-Jean Cormier beaucoup plus orchestré que Le treizième étage, épuré en terme d’instrumentation et de production. Dans plusieurs pièces de son nouvel opus, on peut y percevoir banjo et guitares qui se côtoient si finement qu’on jurerait qu’ils nous chantent une berceuse. On peut également entendre des cuivres et des cordes qui atteignent leur cible en offrant une dimension nouvelle à la force tranquille de l’artiste. Une chorale d’enfants vient agrémenter le tout de manière très efficace dans Si tu reviens et Complot d’enfants. Cette dernière pièce est d’ailleurs une brillante reprise de Félix Leclerc que Louis-Jean s’est approprié comme si elle était sienne. Dans ce disque, on ressent encore les effluves de Karkwa, entre autres dans la chanson Vol plané. Au niveau des harmonies vocales, je m’incline devant le travail impeccable d’Adèle Trottier-Rivard, sa fidèle choriste et percussionniste. Plusieurs des textes de l’album sont co-écrits par Daniel Beaumont, qui lui avait également prêté sa plume pour Le treizième étage, paru à l’automne 2012. Il s’entoure aussi du talentueux Martin Léon le temps d’une chanson.

Les grandes artères, c’est également un Louis-Jean plus vulnérable, récitant ses chagrins et sa sensibilité à l’aide de la plume agile qu’on lui connaît. La poésie de cet homme donne un sens tout nouveau à la culture musicale francophone. En effet, il fait valser la langue française grâce à sa façon distinctive d’appuyer les sonorités des mots, dans un langage de tous les jours, près de l’être humain et du cœur. C’est certainement une des raisons pour lesquelles le Québec a jusqu’à présent adopté son folk-rock alternatif, a priori non accessible pour tout le monde.

«Le silence comme un vieux foulard qui ne demande qu’à faire le tour» (Le jour où elle m’a dit je pars)

Louis-Jean Cormier nous offre un album plus folk et posé, qui ne détonne toutefois pas de son fil conducteur. Par contre, les fans de son rock alternatif pourraient être refroidis par le côté très calme de cet opus. J’ose espérer qu’ils sauront se retrouver dans les mélodies plus rythmées de St-Michel, Tête première et La fanfare

Le deuxième disque solo de cet artiste avant-gardiste et bien ancré dans son époque nécessite quelques écoutes afin de l’apprécier à sa juste valeur. Pour ma part, j’ai été séduite dès les premières notes de la toute première pièce de l’album, Si tu reviens.

Je crois d’ailleurs que Louis-Jean Cormier expose sa tête, ses yeux et son cœur dans ce premier extrait, nous faisant passer par une gamme d’émotions inattendues en moins de 4 minutes.

Heureusement, Louis-Jean Cormier ne s’est imposé aucune barrière dans ce pittoresque album peaufiné au quart de tour. «J’aime mieux rêver que d’voir sans y croire» (La Fanfare)

À écouter* : Si tu reviens, Traverser les travaux, Deux saisons trois quart

*Mais l’album est sérieusement à écouter d’un bout à l’autre!

9/10

Par Tamara Lyne

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