CHRONIQUE : Nostalgie et gros blues-rock avec Randy Bachman

Randy_Bachman_in_2009Par Olivier Dénommée

Deux jours après la sortie de son nouvel album Heavy Blues, Randy Bachman et son groupe, simplement appelé Bachman, était de passage à Montréal, au Théâtre Corona, le 16 avril. Même si l’album, en terme de nouvelles compositions, avait été plutôt décevant, voir le grand Randy Bachman, aujourd’hui âgé de 71 ans, valait assurément le déplacement.

Officiellement annoncé à 20h, on m’avait mentionné que ça ne commencerait pas avant 21h. Manque de chance, j’ai manqué la première partie, et en arrivant, peu avant 21h, Bachman commençait déjà le show. L’expérience n’a pu être complète, mais j’ai eu l’occasion de voir la légende à l’œuvre.

Bien qu’il était toujours en parfait contrôle de la guitare, il faut reconnaître que Randy Bachman ne se fait plus jeune. La dynamique sur scène était plutôt statique, et personne ne sautait partout comme on aurait pu voir dans un show d’Iron Maiden. Le registre était aussi assez différent, direz-vous. Et même s’il a ouvert le show avec une de ses nouvelles chansons, Bachman nous offrait une soirée nostalgique où on rendait hommage aux vieux succès du classic rock, avec bien sûr des chansons de The Guess Who et de Bachman-Turner Overdrive, mais aussi d’autres groupes. Il nous a, entre autres, servi de belles versions de succès de Led Zeppelin et de Jeff Beck. Par contre, il a passé beaucoup de chansons assis sur un banc.

Sur album, il était en formation trio avec plusieurs guitaristes invités qui s’ajoutaient. Sur scène, il était appuyé d’un quatrième membre : un guitariste-chanteur au nom qui m’a échappé (à chaque fois qu’il était nommé, c’était pendant un tonnerre d’applaudissements), qui se chargeait de donner du lest au septuagénaire.

Assez peu jasant entre les pièces, il a tout de même livré quelques bonnes anecdotes avant de présenter les pièces, qui semblaient faire la joie des fans de longue date. Effectivement, à vue d’œil, la plupart des membres de l’assistance avaient plus de 35 ou 40 ans, ce qui veut dire qu’ils ont grandi avec les groupes de Randy Bachman et leur musique. Lorsqu’on jouait les nouvelles chansons, la réaction était automatiquement moins vive, sauf lors de l’intro de The Edge, comme les fans l’ont probablement aussi confondu avec une chanson de The Who.

Cette grand-messe du rock’n’roll se passait assez bien, même sans des effets intenses ou une présence particulièrement mémorable sur scène. Bachman a mentionné le concours où il était possible d’interpréter le solo de la chanson-titre du dernier opus, puis a invité le bluesman montréalais Steve Hill à le rejoindre. Avant de jouer Heavy Blues, Hill a leadé une de ses propres chansons, accompagné par le groupe. Avec maintenant trois guitares, ça commençait sérieusement à lever au Corona. Et que dire du solo endiablé que Steve Hill a livré sur Heavy Blues? Il en mettait beaucoup et jouait fort, mais a offert une performance mémorable qui a semblé plaire à Randy Bachman.  D’ailleurs, il est resté le temps de quelques chansons, dont le classique American Woman. Cela a donné une version particulièrement intense. Il y a aussi eu du Stevie Ray Vaughan avant que le groupe disparaisse backstage sans crier gare. En effet, il a joué pendant près d’une heure et demie, mais le public s’est fait insistant et rappel il y a eu. Après une soirée très chargée en rock et en blues lourd, c’est sur une pièce plus douce que cela s’est terminé, une de Gary Moore.

À 22h30, la salle se vidait déjà, et les gens semblaient avoir passé une belle soirée. Il faut donner à Randy Bachman qu’il sait toujours jouer et qu’il n’a pas fait l’erreur de nous passer en intégral un nouvel album qu’à peu près personne n’a encore vraiment eu le temps d’apprivoiser. Il faut aussi lui donner que le guitariste invité va apporter une couleur particulière à chaque spectacle; nous avons eu la chance d’avoir un rockeur et bluesman de grand talent pour représenter Montréal.

C’était une belle soirée, qui a finalement passé un peu trop vite.

(Crédit photo : Brian Stahls)

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