The Stranger – White Crocodile

White Crocodile strangerSorti le 14 avril 2015

White Crocodile est un groupe bien étrange, regroupant des musiciens originaires d’un peu partout dans le monde, avec la chanceuse anglaise Julie Biereye (qui est elle-même installée à Paris). C’est encore plus étrange lorsqu’on écoute la musique, une espèce de punk-rock agressif et revendicateur, en anglais et en français, parfois en mélangeant les deux dans une même chanson.

Le premier album de la formation, The Stranger, commence en douceur avec One Way Ticket, presque folk-country dans son traitement. Avec en plus le mélange des voix et on croirait presque entendre du Whitehorse. Une belle entrée en matière. Le hic? Cette chanson n’a rien à voir avec ce qui s’en vient.

Where’s the Money nous assaille avec son énergie punk-rock, essentiellement en français, mais avec le refrain (catchy, en passant) en anglais, quoiqu’un peu vulgaire. Quelque chose dans l’ambiance semble nous ramener dans les films de Tarantino des années 1990. Cette impression se confirme avec Santa Fé, mais en format plus lent et lascif. The Walker conserve une énergie similaire.

Là où la vibe change vraiment, c’est à partir de Big City. Là on assume le côté punk de White Crocodile, avec des bons éléments, entourés d’autres plus agressifs et pas nécessairement très mélodiques. C’est la chanteuse qui semble avoir la technique la plus inégale sur cette piste, passant d’une mélodie normale, à quelque chose de presque parlé, à des cris, sans ordre très précis. Le tout dans une chanson de moins de 4 minutes. Le clash est d’autant plus grand lorsqu’on entend Loneliness juste après : une pièce lente et ambiante, où on peut apprécier la voix de Julie Biereye.

Puis vient Le crocodile blanc. Je suis encore indécis de savoir si cette «interlude» est un concept que j’aurais mal compris ou une piste qui aurait mieux fait de ne jamais être enregistrée. Elle est immédiatement suivie par Les avions, où on fait rimer avions avec avions, plusieurs fois. Dommage, la musique donnait quand même envie de taper du pied.

Restless, après un début douteux, devient assez intéressant à partir du premier refrain, à peu près jusqu’à la fin. Le solo de guitare, un peu new wave, ajoute à cette énergie réussie. Sleepless Tango va dans la même lignée, avec un côté qui rappelle un peu Dear Criminals.

Comme on a affaire à un groupe punk, on ne pouvait finir avec douceur : c’est The Lady’s On Fire qui a le dernier mot, avec un punk-rock solide, mais loin d’être imprévisible. On ne finit pas tout à fait sur un momentum ici.

Lorsqu’on écoute l’album en musique de fond, les bonnes chansons passent inaperçues, laissant place seulement aux pièces désagréables. C’est en l’analysant mieux qu’on réalise qu’il y a différentes énergies, et que Le crocodile blanc n’est une piste parmi tant d’autres et non une norme. C’est tout de même dommage que l’album soit mémorable pour ses compositions les moins amicales à l’oreille. Finalement, l’éclectisme de l’opus fait en sorte qu’il ne s’adresse pas à un public en particulier. À coup sûr, l’album The Stranger n’est pas fait pour le grand public.

À écouter : One Way Ticket, Loneliness, Restless

6,3/10

Par Olivier Dénommée

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