After the Storm – Bob Walsh

Bob-Walsh_After-The-Storm-coverSorti le 28 avril 2015

Difficile de dire qu’on connaît le blues d’ici si on ne connaît pas tout d’abord Bob Walsh, une des figures les plus marquantes des 40 dernières années de ce style qui ne semble jamais se démoder. Le chanteur à la voix distinctive revient pour un 11e album en carrière, après avoir bravé quelques années où sa santé n’était pas à son meilleur. After the Storm semble une réponse à ceux qui se demandent s’il se porte mieux.

En fait, justement, cette «tempête», on ne la sent plus du tout. Bob Walsh apparaît en pleine forme sur ce nouvel album et offre un blues très jazzy (surtout dans la première moitié) et plutôt léger. Dès les premières notes de Smack Dab in the Middle, on nous lance dans une énergie plus qu’ensoleillée, invitant presque à danser. On y retrouve aussi très rapidement la voix de Bob Walsh, fidèle à elle-même, et l’harmonica de Guy Bélanger, lui aussi en grande forme. Ajoutez à cela une section de cuivres, et on a droit à une formule pratiquement infaillible. Seul bémol de cette première piste : le chanteur s’obstine à trop intervenir, même pendant les solos de ses musiciens. C’est important de laisser la place à tout le monde! Heureusement, ce problème se règle avec les chansons suivantes. Plus lente, mais toujours aussi jazzy, If Memphis Don’t Kill Me semble nous transporter dans les années 1920, avec une ambiance rappelant le New Orleans.

Dance With Me y va d’un blues léger et un tantinet sensuel. Les arrangements, particulièrement efficaces, avec la voix de Bob Walsh : très réussi. Puis on nous surprend avec une ballade, That Lucky Old Sun. Un premier rappel sur cet album que Walsh est toujours un bluesman sensible (les autres chansons de ce registre étant This Masquerade, Rock in my Shoe (probablement la plus poignante de toutes) et A Whiter Shade of Pale). Par contre on change vite de registre avec un bon vieux ragtime, G20 Rag.

On a droit à une pièce très lourde avec Sorry John Henry, qui marquera avec son solo de guitare très présent. Puis Graveyard Blues semble nous ramener à l’époque du Far West, surtout avec le jeu d’harmonica de Bélanger. On explore plus loin une petite ambiance burlesque sympathique sur Lonely Avenue.

La finale After the Storm conclut le tout avec une simple chanson guitare-voix, avec des relents d’harmonica et des harmonies vocales. On se croirait au coin du feu avec cette composition de Bob Walsh qui nous laisse serein.

En réécoutant l’opus à quelques reprises, on apprivoise les différentes énergies qu’il contient, proposant une belle alternances entre morceaux énergiques et chansons plus mélancoliques. On oublie rapidement l’âge et l’état de santé de Bob Walsh pour se laisser entraîner par les airs qui nous sont proposés. Par contre, les plus vigoureux se trouvent principalement au début, créant un léger déséquilibre. Malgré cela, After the Storm est un bon album, moins blues que ce à quoi on pouvait s’attendre, mais qui garde toujours ses racines. Bref, un Bob Walsh qui nous rappelle qu’il arrive toujours se réinventer un peu.

À écouter : Dance With Me, G20 Rag, Rock in my Shoe

8,2/10

Par Olivier Dénommée

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