CHRONIQUE : Emerson String Quartet, véritables vétérans de la musique

EmersonPar Olivier Dénommée

La réputation du Emerson String Quartet, actif professionnellement depuis 1976, présageait un concert de haut calibre à la salle Bourgie du Musée des Beaux-Arts dans le cadre du Festival de musique de chambre de Montréal.

Et effectivement, tout s’est passé comme prédit. Tels de fiers vétérans, trois des quatre musiciens étaient debout (seul le violoncelliste était assis, entouré de près des autres musiciens), jouant sans fausse note perceptible, sans arrêter sauf pour tourner la page entre les mouvements ou accorder leurs instruments. En fait, c’est probablement cela qui frappe le plus : de voir ces musiciens, sérieux, se tenant droit et jouant à la perfection sans même attendre d’applaudissements. Comme la programmation était composée de deux pièces seulement – une dans la première partie, une dans la seconde –, les spectateurs, visiblement des habitués pour la plupart, ont attendu la toute fin pour signaler leur appréciation de la performance de l’Emerson Quartet. Cela a créé une étrange ambiance dans la salle, où il semblait régner une certaine froideur.

Pourtant, c’était salle comble, et l’auditoire semblait très attentif, prenant soin d’attendre entre les mouvements avant de tousser. Le quatuor a aussi choisi un répertoire très connu, y allant avec des valeurs sûres :

  • L’Art de la fugue de J.S. Bach, avec des extraits qui totalisaient environ 50 minutes de musique, en finissant avec son Contrepoint 18, inachevé;
  • Quatuor en la mineur de Beethoven, un des derniers avant sa mort, reflétant sa maturité musicale mais aussi son sentiment d’être encore vivant malgré ses problèmes de santé, le tout d’une durée d’environ 45 minutes. Le tout, suivi d’un bref rappel.

Ces deux pièces, très costaudes, ont été jouées avec aisance par le quatuor, qui a été à la hauteur de sa réputation en offrant une interprétation solide du début à la fin, sans temps mort. Malgré les têtes grisonnantes des Philip Setzer, Eugene Drucker, Lawrence Dutton et Paul Watkins, ils semblaient beaucoup plus en forme que les orchestres qui nous ont habitués à les voir tous assis. Aussi, les deux violonistes s’alternent le premier violon, ajoutant au dynamisme malgré le côté très stricte de la musique classique.

C’était somme toute une très belle soirée, très chargée musicalement, où le Emerson String Quartet en aura donné pour l’argent de l’auditoire. Le Festival de musique de chambre de Montréal a de quoi se vanter d’avoir pu amener l’ensemble basé à New York ici pour sa 20e saison. Cette soirée était aussi la dernière de la série «Célébrités». Le vrai festival débutera le 6 juin prochain, avec une performance jazz d’Oliver Jones et Ranee Lee.

Plus d’informations sur la programmation du FMCM ici.

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