Dopamine – David Boily

David Boily DopamineSorti le 23 avril 2015

C’est avec une poésie personnelle sous un son rock à passage progressif et électro que David Boily nous livre son dernier album Dopamine. Il nous offre un disque complet, suivant son maxi EPØ, avec un nouveau souffle de liberté. Dopamine n’est paru sous aucune étiquette, et il a été écrit, composé, interprété et produit par Boily, conjointement avec sa complice Syndia.

Boily délaisse le folk dénoté dans EPØ, pour se diriger vers l’indie-rock. Notez bien «indie», puisque cet album marque vraiment l’indépendance de l’auteur-compositeur-interprète. Dopamine est le fruit d’une campagne de socio-financement lancée l’été dernier avec laquelle David Boily démontre que la musique provient des tripes, pas d’une machine.

La première piste de l’album donne le ton indie-rock de l’album. Dopamine est la trame sonore d’un amour qui fait mal. Accompagné de guitare électrique dure et de synthétiseur, David Boily nous étale sa douleur. «Pris au sort / Je suis le caporal / de l’armée viscérale / Un animal traqué, piégé / qui est prisonnier de ta beauté», chante-t-il.

Dopamine donne peut-être le ton (et le titre) à l’album, mais c’est avec Big Brother que Boily explique le projet. «Tu te joins à Big Brother / tu chantes, tu danses / Tu vends ton âme / Tu signes sur la ligne / Ostie que tu vas être gros», déclame-t-il. La pièce est plutôt hypnotique, comme le veut son message. David ne souhaite pas d’une liberté conditionnelle aux désirs d’une compagnie de disque. Il ne veut pas dépendre des autres. En lançant son album indie, il signe son indépendance.

La suite de l’album est plutôt similaire, répétitive. C’est un album assez fort en lourdeur. Ce n’est pas un album d’été, mais plutôt d’automne, à écouter pendant les journées sombres de pluie. On en a tous des jours comme ça; voici donc un album plaisant à écouter durant ces moments moins «hop-la-vie».

Toutefois, l’album se termine sur une note tout à fait différente. On parlait d’amour qui fait mal dans la première piste, la dernière, Je te regarde dormir, nous présente un David Boily amoureux, mis à nu dans une pièce toute simple, acoustique. «Je changerais rien de ma vie / car elle me mène jusqu’à toi». Enfin une note d’espoir! Décidément ma préférée de l’album.

Le multi-instrumentaliste-auteur-compositeur-interprète-producteur-qui-semble-pouvoir-tout-faire David Boily nous offre son dernier album Dopamine, disponible en vente web seulement, notamment sur sa page Bandcamp.

À écouter : Dopamine, Big Brother, Je te regarde dormir

6/10

Par Camille P. Parent

(Modifié le 27 mai 2015)

3 commentaires sur « Dopamine – David Boily »

  1. Je suis Syndia et je travaille avec David Boily.

    Quelques précisions s’imposent. Malgré le ton ambigu du billet signé Camille P. Parent, il s’agit bien ici d’un texte d’opinion et non d’une entrevue.

    Il semble que l’auteure prend la liberté de présenter son interprétation de l’oeuvre comme étant des faits vérifiés. Cette approche plutôt gauche est surprenante considérant que David Boily n’a jamais eu l’occasion de s’entretenir avec Madame Parent ni de son oeuvre, ni de ses projets de carrière, ni de ses inspirations pour le disque. En plus d’être simplistes et réductrices, les interprétations de Camille P. Parent sont, en plusieurs points, fausses.

    Madame Parent écrit:
    «Dopamine est le fruit d’une campagne de socio-financement lancée l’été dernier avec laquelle David Boily dit non à l’industrie»

    Précision: David Boily ne dit pas non à l’industrie de la musique; l’industrie de la musique n’a pas encore dit oui à David Boily. Il lance son premier album de manière indépendante, par le biais d’une prévente, comme plusieurs artistes l’ont fait avant lui pour faire rayonner son projet du mieux qu’il peut avec les moyens lui étant accessibles.

    Madame Parent poursuit:
    «Dopamine est la trame sonore d’un amour qui fait mal.»
    Peut-être. Pour certains. C’est effectivement une interprétation de surface valable. Mais dans les faits, la chanson DOPAMINE, que j’ai coécrite avec David Boily, parle de dépendance (drogues, alcool).

    Madame Parent écrit:
    «mais c’est avec Big Brother que Boily explique le projet (…) David ne souhaite pas d’une liberté conditionnelle aux désirs d’une compagnie de disque.»

    Encore une fois, David Boily n’a jamais parlé à Madame Parent qui extrapole sur ses intentions sans le connaître ni avoir aucune idée de la démarche de «son projet». Une interprétation de première écoute, quelques lignes d’une seule chanson, ne donnent en aucun cas l’orientation à tout un projet.

    Et il y a beaucoup plus à la chanson BIG BROTHER que les clichés de premiers niveaux auxquels elle fait référence. BIG BROTHER représente, entre autre, le discours d’un artiste face à lui-même quand il navigue des eaux souvent troubles et grises à la rencontre d’un public. Mais la chanson n’est pas que cela. Elle est aussi inspirée du roman Lullaby de Chuck Palahniuk et de 1984 de George Orwell, qui évoque un tout autre concept en parrallèle.

    Entendons-nous, aucun artiste professionnel ne peut avoir un projet viable sans l’aide d’une équipe experte et dévouée. Suggérer le contraire est, et je pèse mes mots, bien naïf.

    Je me surprends donc à devoir faire la précision suivante: l’album DOPAMINE est une production indépendente, oui. Elle l’est par nécessité et non par désir.

    Aimer ou détester une oeuvre artistique, c’est tout naturel. Pour un artiste, voir son oeuvre faire l’objet d’une écoute attentive et d’une critique éclairée c’est, dans tous les cas, un honneur et une brillante opportunité. Par contre, mettre des mots dans la bouche d’un artiste en les présentant aux lecteurs comme des faits, prêter à l’artiste des intentions qu’il n’a pas, ne pas même s’informer sur sa démarche réelle, tout ceci est très malavisé et préjudiciable d’un côté comme de l’autre.

    Le billet de Madame Parent devrait donc être lu en y ajoutant des «selon moi, il semble que, peut-être que…» et ce, à profusion.

    Si CRITIQUE DE SALON souhaite avoir des précisions sur l’oeuvre de David Boily, ses motivations, ses aspirations futures et son inspiration pour le disque, il est disponible pour une entrevue: info@davidboily.net

    Syndia
    Coauteure-compositeure & coréalisateure.
    Graphiste & artiste visuel.
    Gérante improvisée, jusqu’à ce que quelqu’un de plus compétent se pointe.

    courriel: syndia@cellule412.com

    1. Merci Syndia pour le commentaire. Il me semble important de moi-même apporter une précision. Critique de salon, de par son nom et son contenu (majoritairement des critiques d’albums, donc des textes ouvertement d’opinion), ne laisse que très peu de place à l’ambiguïté : il s’agit bel et bien d’un texte où Camille Parent donne son avis sur ce qu’elle comprend et retient de l’album de David Boily. Il n’est d’ailleurs mentionné nulle part que ce qu’elle affirme vient de l’artiste.

      Il est rare que l’on vienne se plaindre que l’on n’a pas compris le sens profond de l’œuvre critiquée, pour la principale raison que dès qu’une œuvre est diffusée, son interprétation n’appartient maintenant qu’à ceux qui l’écoutent/la regardent. L’histoire nous montre que c’est loin d’être inédit que l’on comprenne quelque chose de diamétralement opposé à ce qui était imaginé en premier lieu. Et ce sont des différences d’interprétation qui ajoutent à la richesse de l’œuvre, même si vous interprétez l’interprétation comme réductrice. Après tout, la critique était loin de cracher sur l’album, même si elle n’a pas vu autant de profondeur que vous auriez voulu.

      Je vais transmettre votre proposition d’entrevue à ma chroniqueuse avec plaisir; ce sera certainement l’occasion de faire découvrir l’œuvre de David Boily avec un autre regard.

      Olivier Dénommée, directeur

      1. Toutes mes excuses si mon long texte s’est égaré à certains details moins importants. Il aurait sans doute dû être plus concis.

        Interpréter une oeuvre de mille façons, c’est normal, encourangé et attendu. Nous sommes heureux que Critique de salon ait pris le temps d’écouter l’album.

        Le problème est quand on dit: ‘’ Dopamine est le fruit d’une campagne de socio-financement lancée l’été dernier avec laquelle David Boily dit non à l’industrie’’ – ‘’David ne souhaite pas d’une liberté conditionnelle aux désirs d’une compagnie de disque.’’

        Tout ceci est simplement faux. Le texte laisse entendre que l’auteure tire cette information directement de l’artiste. Ce n’est pas du tout phrasé sous l’angle d’une opinion. Et ça peut causer préjudice à un artiste émergent qui, oui, serait très heureux de signer avec une compagnie de disque et faire rayonner son projet.

        Voilà le centre de mon propos.

        Au Plaisir,

        Syndia

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s