CHRONIQUE : Apocalyptica en forme plus que jamais

Apocalyptica par Dominique LepagePar Olivier Dénommée

J’écoute fidèlement Apocalyptica depuis une dizaine d’années déjà, étant tombé en amour avec son album éponyme. Depuis, j’ai vu le band deux fois à Montréal, la dernière fois en 2011 si je me souviens bien. Cette fois, le band passait à Edmonton au Union Hall. Invitation alléchante, surtout que le dernier album, Shadowmaker, est une belle réussite.

Durant les précédentes performances d’Apo auxquelles j’ai assistées, le groupe finlandais faisait «cavalier seul», sans autre band en première partie. Cette fois, le 1er juin, Art of Dying, band de métal alternative de Vancouver (mais le leader Jonny Hetherington a spécifié être né en Alberta), qui a réchauffé la salle. Cela a fait du bien, puisque celui qui s’est chargé de mettre la musique avant les performances live a voulu jouer au troll et a mis de la musique de club. Sexy Back de Justin Timberlake juste avant une performance métal, vraiment?

Pendant 45 minutes, Art of Dying a brassé le Union Hall, avec des riffs agressifs et des lignes vocales souvent criées. On a aussi pu assister à un concours informel de celui qui jouait son instrument le plus bas : ici, le bassiste a joué en bas de ses genoux. Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour le style? Blague à part, le mix était parfois laborieux et même s’il n’y avait que cinq musiciens, cela sortait souvent comme un bouilli où on peinait à distinguer les subtilités des instruments. Il y a quand même eu quelques passes plus facilement perceptibles, et donc appréciables. À noter que le band a promis un EP à paraître cet été, titré Rise Up. On nous en a donné un avant-goût, mais c’est à suivre!

Bien que Art of Dying soit plus brutal musicalement qu’Apocalyptica, la voix du chanteur cadrait bien avec le style qu’on avait pu entendre à plusieurs reprises dans ses albums. Cela a aussi permis de booster un peu l’énergie des fans, qui semblaient aussi relativement nombreux à connaître AoD.

La tête d’affiche était très attendue : il aura fallu attendre jusqu’à 10h20 pour qu’Apocalyptica prenne d’assaut la scène, jouant les deux premières pistes de son nouvel album d’affilée. Cela augurait pour être un soirée où Shadowmaker serait à l’honneur (ce qui n’aurait pas été surprenant, comme c’est aussi le nom de la tournée. En fait, surprise : on a plutôt préféré aller vers les vieux albums, surtout Worlds Collide (en 2007). Il semble que le chanteur fixe de la formation, Franky Perez, ait des problèmes avec sa voix. C’est du moins ce qu’il a dit, chantant pourtant ses tripes sur plusieurs titres avec assez peu de signes de faiblesses. Dommage, parce qu’on n’a pas pu entendre avec autant de vigueur les bonnes chansons d’Apo; tant mieux, parce que le groupe a un répertoire instrumental extrêmement fourni.

Apocalyptica 2 par Dominique LepageApocalyptica 3 par Dominique Lepage

Ainsi, on a fait un retour dans le temps avec quelques bons titres du passé d’Apocalyptica. Alors que Worlds Collide était particulièrement bien représenté (la moitié de l’album!), on a à peine effleuré Apocalyptica (Quutamo seulement) et Inquisition Symphony (avec la pièce-titre). On a aussi eu droit à un doublé du premier album, avec une version sans batterie des compos de Metallica. Pourtant, on a complètement oublié les albums Cult, Reflections et même 7th Symphony, l’avant-dernier album studio! Étrange déséquilibre, mais, comme toujours, la performance des violoncellistes était impeccable.

Visuellement, Apocalyptica s’assure toujours de marquer l’imaginaire. Tous en noir, à l’exception du batteur, le coloré Mikko Sirén, qui, comme à son habitude, aime se mettre debout sur son banc. Notons aussi le dernier changement de look de Paavo Lötjönen, qui fait un retour au goatie avec moustache (chose qu’on n’avait pas vraiment vu de sa part depuis le premier album en 1996!).

Aussi, même si Franky Perez n’était pas aussi présent qu’escompté, il était présent sur scène à plusieurs moments, offrant une belle intensité physique. Il est aussi allé dans la foule pour faire chanter un des succès du band au public. D’ailleurs, la dernière chanson du set, jouée en rappel, était I Don’t Care, fameuse chanson du sixième album. Une belle finale en force, après 1h15 de musique. Un peu bref, mais Apo ne nous a jamais habitués à plus d’1h30 de musique.

Somme toute, la performance d’Apocalyptica était à la hauteur. Tout le monde semble s’être donné à 100 % et l’intensité de la salle était aussi au rendez-vous. Un band toujours agréable à voir après toutes ces années. La question : le chanteur sera-t-il en meilleure forme d’ici le show montréalais le 10 juin? Si c’est le cas, cela pourrait changer un peu la setlist de la soirée en faveur de pièces plus vocales. Dans tous les cas, cela s’annonce une belle soirée si vous aimez le travail du band finlandais.

(Crédit photos : Dominique Lepage)

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