We Hate Noise – Clc

Clc We hate noiseSorti le 18 avril 2015

Ouf… que dire! Mes oreilles… C’est une expérience musicale, ou devrais-je dire à tout le moins «auditive» que je qualifierais de mélange de bruits et d’effets répétés. Le groupe est un duo montréalais qui qualifie sa musique de «Harsh Noise / Garage / Industrial / Noisecore / Grind / Punk / Ambiant» (Bandcamp). Du «garage»?

We Hate Noise est sa dernière parution, qui m’est tombée sous le nez lorsque je farfouillais certains extraits musicaux sur un groupe web de «musique étrange». Il appert que trois autres collaborateurs ont travaillé à l’élaboration de cet opus. Il faut garder en tête que chaque album de Clc a sa propre étiquette de style, parfois noise, parfois ambiant, parfois industriel, parfois un mélange.

Rosenta, la première pièce, m’a plu en ce sens qu’il s’y dégageait de belles mélodies. Le piano y fait belle figure, de même que sur Retour à la case départ, dernier morceau. Entre ces deux titres, toutefois, c’est une autre histoire.

J’ignore si le dessein d’une telle création est avant tout de provoquer un certain chaos mental chez son auditeur, ou de provoquer l’auditeur, mais si c’est le cas, l’effet est multiplié lors de l’écoute avec écouteurs. À moins de fermer le son, on a constamment des myriades d’attaques de bruits de tout genre. Pendant une pièce, ce sont des attaques de bruits de lasers, pendant une autre, c’est comme si l’on se collait le tympan sur une perceuse en marche. J’ai passé un petit bout à rechercher ce qu’était un son en particulier dans The Others avant de réaliser que ce son était celui que me rappelle mon aspirateur que je passe sur les sièges de ma voiture au gré des saisons. Not only if you fallprésente des sons, pour leur part, qui s’apparentent à une trame sonore de jeu vidéo qui plante. Je me sentais comme une grand-mère bourgeoise qui découvre Slayer. Puisque j’ai dû découper mes écoutes de l’album en plusieurs segments, le temps de me purifier l’esprit un peu, je dois dire que l’écoute a été pour moi majoritairement désagréable et son écoute se résume en gros par la très courte pièce de vingt-trois secondes Empty Gaze. L’album n’est pas inutile pour autant. Il est original et peut très bien nous faire réfléchir sur les balises et contraintes de la musique, il faut lui concéder ça.

L’absence de quelconque rythme avec ces sons est définitivement ce qui m’éreintait le plus, car je peux écouter des groupes entièrement ambiants sans rythme, comme Sunn O))) ou bien des groupes rythmés, mais très difficiles à saisir, comme Portal, mais du noise, c’est pas ma tasse de thé. On y retrouve aussi quelques cris çà et là parmi les pièces.

Je ne trouve malheureusement pas de moment où il s’avérerait idéal pour moi d’écouter cet album, mais je reste ouvert à l’idée que cela peut plaire à d’autres, qui en ont sûrement écouté plus que moi. On peut tout de même être certain que les membres s’amusent drôlement avec leur machine à son. Je serais curieux d’écouter leurs autres albums de style différents, dont Viva la Muerte où il semble y avoir de la musique moins déjantée. Quoi qu’il en soit, si vous souhaitez essayer quelque chose de nouveau au niveau sonore, soit une sorte de décharge de LSD sans payer, l’occasion est là.

L’album est disponible sur Bandcamp.

Pièce à écouter : Rosenta

5,7/10

Par Mathieu Laferrière

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