Treat Her Right – Stephen Barry Band

Stephen_Barry_Band_FRONT_1_Sorti le 23 juin 2015

Le band de Stephen Barry, bassiste de blues montréalais, célèbre en 2015 ses 40 ans d’existence, rien de moins. Le groupe s’est alors fait plaisir en enregistrant l’album Treat Her Right, avec neuf covers, passant du blues pur à quelque chose de plus rock’n’roll, voire jazzy ou folk par moments. À cela s’ajoutent deux compos originales.

Avec des vieux routiers comme cela, on n’a pas de surprise : l’album est solide, impeccable dans la technique musicale et l’enregistrement. Peu de surprises aussi dans le style des chansons. On varie un peu les registres, mais on ne repousse aucune limite du blues ici.

La sympathique pièce-titre Treat Her Right démarre l’album avec un blues rapide, mais prévisible. La reprise de Gimme a Stone a au moins le mérite de changer un peu la vibe, avec quelque chose de plus mollo. On sent déjà qu’il y aura une certaine alternance entre les styles joués à travers l’album; du moins, le souhaite-t-on.

On a ensuite droit à une version bluesy à souhait de Higher Ground. Oui, la chanson de Stevie Wonder. Sans arriver à détrôner l’originale, cette version offre une alternative fort intéressante à ce classique du Motown.

Viennent ensuite deux chansons de Willie Dixon : on revient alors au confortable blues, quoique la version de Little Red Rooster, pleine d’harmonica, est assez réussie ici. Cela nous mène à la première compo originale de l’album, Cerveaux, par le saxophoniste Jody Golick. Ce n’est pas surprenant lorsqu’on l’entend avoir le lead à peu près tout le long. Mais il faut donner à cette pièce instrumentale qu’elle a de la groove est qu’elle se fond très bien dans le décors des classiques qui se retrouvent à travers l’album. À noter que le jeu de Martin Boodman (harmonica) rappelle particulièrement le style des Colocs ici.

Un peu de douceur s’impose avec la ballade Wasted Dreams, autre version agréable à entendre sur l’opus. Cette douceur se poursuit avec The Salt of the Earth, avec une version finalement bien plus réussie que celle des Rolling Stones. Notons plus loin le passage réussi au jazz dans Cissy Strut, quoiqu’on n’a pas droit à la même intensité de solos qu’un véritable band de jazz. Cela mène à Sister Francis, composé par le guitariste invité Jörn Reissner. Rien à souligner outre son énergie sautillante très réussie et son solo de sax plus que solide.

C’est la ballade presque country Tennessee Blues qui a le dernier mot de l’album. Même si l’interprétation est impeccable, cette chanson douce et mélancolique ne semble pas être celle qui aurait le mieux clôturé cet album à tendance plus festive. Cela laisse un souvenir étrange de l’opus Treat Her Right.

D’ailleurs, le sentiment évoqué par cet album est assez mitigé. Une belle énergie s’en dégage, une vigueur qui fait oublier qu’on a affaire à des vétérans d’un certain âge. Pourtant, les choix artistiques semblent faire en sorte que l’album s’adresse avant tout aux auditeurs plus âgés. Aussi, comme on ne sort guère des sentiers battus, on fait le tour assez rapidement de ce que le Stephen Barry Band a à offrir dans ce neuvième album, à l’exception de quelques titres qui arrivent à amener l’auditeur ailleurs.

À écouter : Gimme a Stone, Cerveaux, The Salt of the Earth

7/10

Par Olivier Dénommée

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