Tres Caballeros – The Aristocrats

tres_caballeros_artworkSorti le 23 juin 2015

Formé en 2011 par trois vétérans du hard rock (Bryan Beller, Marco Minnemann et Guthrie Govan), le superband The Aristocrats a lancé un troisième album en quatre ans. Tres Caballeros cherchait à pousser un peu plus ses expérimentations, d’après le trio, ce qui nous donne des résultats assez intéressants à entendre, où rock instrumental et compositions à tendance humoristiques se rencontrent.

Les neuf nouveaux titres ne semblent pas avoir de limites dans le vaste monde du rock. Par exemple, les premières notes de Stupid 7 nous font des clins d’œil progressifs, avec des riffs et une lourdeur très proches du métal. En un peu moins de 4 minutes (la plus brève de l’album, en passant), on change d’ambiances à quelques occasions, offrant une belle palette de variété; ça commence bien un album, tout ça!

C’est à partir de Jack’s Back qu’on comprend mieux les expérimentations du trio : une musique presque mystérieuse, et beaucoup plus minimaliste, surtout par rapport au précédent titre. Cela permet quand même de pleinement apprécier la mélodie de guitare, toujours très présente, mais aussi les variations en intensité, qu’on entend à quelques moments, surtout dans la seconde moitié de la pièce. On apprécie quand même drôlement Texas Crazypants, qui revient avec un son chargé à souhait dans le genre de rock à écouter à plein volume sur la route. On se serait, en revanche, passés des bruits d’auto et de voitures de police qu’on entend surtout en seconde portion.

ZZ Top débute avec quelqu’un (probablement le drummer) qui semble dire les temps d’une façon étrange. Si certaines portions de la compo ne semblent pas être enregistrées dans un chiffrage familier, la majorité est en traditionnel 4/4, ce qui nous assure de ne pas être complètement déstabilisés ici. Cela nous amène ensuite à ce qui pourrait s’apparenter à une ballade si des sonorités prog qui rappellent les moyens plus tranquilles de Animals as Leaders n’étaient pas aussi présentes. Bref, Pig’s Day Off pourrait probablement porter le nom de «prog ballad», du moins jusqu’à ce qu’il explose dans le dernier tiers.

En écoutant le début de Smuggler’s Corridor, un petit quelque chose rappelle Girl You’ll Be a Woman Soon. On a aussi droit à des sonorités plus «Far West», comme quoi ce titre aurait pu jouer dans à peu près n’importe quel film de Tarantino. Mention à la portion «chorale», un peu après la moitié, qui renforce cette impression.

La douceur de Pressure Relief a quelque chose de non naturel, comme si on s’attendait à tout moment que les haut-parleurs ou les écouteurs allaient nous cracher dans les oreilles à tout moment. Il y a bien quelques «sauts» ici et là, mais même les solos de guitare sont assez discrets, quoique le build-up, discret, nous amène à une deuxième moitié de solo plus funky et définitivement plus intense. Après, on s’adoucit de nouveau et on reste relativement dans ce ton. Cela clashera avec le dynamique The Kentucky Meat Shower. Un titre étrange pour une composition nerveuse et très chargée. La guitare imite ici un peu le son d’un banjo, qui en fera probablement sourire plus d’un. Outre ces élans prog bluegrass (soyons fou!), on a aussi des passes plus ambiantes avec un long build-up digne de ce nom. Un peu à l’image de Stupid 7, on explore plusieurs sonorités et surtout on s’amuse. Même quand on ne sait pas trop où s’en va le band dans cette piste, on a quand même vachement envie de continuer de taper du pied.

La pièce de résistance : Through the Flower, avec près de 11 minutes 30 de musique à elle seule. Après des dernières compos, on ne se surprend pas d’y entendre beaucoup d’énergies très différentes et des constructions tantôt plutôt mélodiques, tantôt davantage corsées pour l’oreille. Le tout aurait probablement pu être séparé en deux pistes distinctes pour une écoute plus agréable, mais malgré tout, cette finale ne donne pas mal à la tête du tout : exploit souvent surprenant, surtout dans ce style où trop d’expérimentation perdra l’auditeur.

Bien qu’on sente toujours beaucoup de petites influences par-ci par-là dans ce troisième album, The Aristocrats ont offert du matériel bien rodé (testé sur scène avant de passer en studio), avec une diversité non négligeable. On atteint un peu le meilleur de deux mondes : quelque chose de neuf, mais aussi quelque chose de relativement confortable. Et nul besoin de spécifier que l’exécution est impeccable. Décidément un très bon album qui semble gagner en saveur à chaque écoute.

Version deluxe

Une version avec DVD existe aussi de l’album. S’il y a quelque chose de plus intéressant que d’entendre un album de rock progressif sur album, c’est de voir, live, leurs mains et doigts bouger de façon impressionnante. Bien que je n’aie pas visionné le DVD en question, les premiers extraits disponibles nous assurent que cela risque d’être assez intéressant à visionner.

À écouter : Pig’s Day Off, Pressure Relief, The Kentucky Meat Shower

8,3/10

Par Olivier Dénommée

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