Éclipses – Fontarabie

Fontarabie ÉclipsesSorti le 21 janvier 2015

Fontarabie, la progéniture de Julien Mineau née dans son village de Sainte-Ursule, a surpris, en début d’année, avec le lancement d’un nouveau mini-album de cinq chansons intitulé Éclipses, moins d’un an après la sortie d’un premier album éponyme. Le nombre peu élevé de pistes me permet donc de l’approcher piste par piste sans m’éterniser; alors, sans perdre plus de temps, mettons-nous tout ça sous la dent.

L’album débute avec Vent blanc, une berceuse atmosphérique et mélancolique. La mélodie jouée par la guitare est agréablement ponctuée par l’ensemble orchestral qui accompagne les compositions de Julien Mineau tout au long de l’album, pour qu’on puisse ensuite être plongé dans le refrain, où l’ensemble complet (comprenant cordes, vents et un célesta) porte de son plein registre les harmonies vocales, étalées par la voix reconnaissable du chanteur de Malajube. Dès que l’on entend cette première piste, on peut tout de suite noter l’attention particulière portée au travail de production de l’album. Le mix est on ne peut plus adéquat, aucun instrument ne prenant de l’espace inutile.

La seconde chanson, Secret professionnel, suit le même genre de structure pop composée de progressions d’accords que la première, avec une aura légèrement plus noire par contre. Les paroles sont teintées d’une délicieuse amertume, débutant avec les mots «Je ne veux plus rien savoir de toi, de tes secrets», et d’une lassitude émotive évidente («J’en ai assez sur la conscience pour me noyer dans mes mensonges»). Bien que la chanson ne contienne pas d’éléments suscitant une véritable surprise, son ton sombre et sa composition éthérée en font une piste appréciable.

Une ambiance plus cinématique enveloppe la piste Dernière neige, qui met de l’avant l’instrumentation, fortement soutenue par les cordes et l’orgue. Le rythme de cette chanson se fait effréné et son humeur plus étrange que les précédentes, contrastant avec l’approche pop entendue jusqu’à présent sur Éclipses, mais cela reste peu étonnant pour ceux qui sont familiers avec le style du premier album de Fontarabie.

La fin de quelque chose est une ballade au ton joyeux d’une belle simplicité. Les accords gratouillés sur la guitare constituent la base de la chanson du début à la fin, et de nouveau l’accent est mis sur la voix.  Les harmonies qu’on y retrouve sont absolument magnifiques et les paroles dramatiques («Si je mets trop d’efforts, je finirai par y laisser ma peau») se détachent quelque peu de la couleur musicale du tout.

La finale de l’album porte le même titre que ce dernier, et il s’agit d’une piste instrumentale aux allures de trame sonore d’une scène de poursuite tirée d’un film d’horreur. Définitivement ressemblante au style de musique de film précédemment exploré dans l’album Fontarabie, c’est une embardée folle et inquiétante exécutée avec brio.

Somme toute, Fontarabie ne sort rien de complètement inattendu de son chapeau avec Éclipses, mais s’approprie efficacement une signature stylistique qui continuera à susciter mon intérêt pour les futures ambitions du projet. J’attends impatiemment une nouvelle sortie.

Le EP est disponible sur la page Bandcamp de Fontarabie.

À écouter : Vent blanc, La fin de quelque chose

7,5/10

Par Charles Laurier

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