L’envers de ma vie – Jean-François Beaupré

JF Beaupré L'envers de ma vieSorti le 1er septembre 2015

Plus connu au petit écran, Jean-François Beaupré est aussi musicien et compositeur. C’est du moins ce que nous apprend la sortie de son premier album, L’envers de ma vie, dans un registre touchant au pop-folk. Comme bien des comédiens, sa force principale se retrouve plus dans les textes que dans ses mélodies vocales. Cela donne quelques chansons un peu à la Richard Séguin dans le registre.

Selon l’artiste, chaque chanson représente un peu une tranche de vie ou une introspection. Le ton un peu «conteur» renforce effectivement cette impression, avec des mélodies généralement simples et un registre assez confortable. Il veut nous transmettre quelque chose à travers sa musique et c’est très clairement assumé.

Trop facile débute l’opus, mettant tout de suite la table dans un style folk mais en plus fourni, mais avec toujours la voix en premier plan. C’est la constante de l’opus, bien qu’ici les cordes occupent étrangement beaucoup de place, au point de se laisser un peu déconcentrer par moments.

À travers les douze morceaux de l’album, la variations se situent essentiellement dans l’instrumentation : tantôt on a droit à quelque chose de plus minimaliste, tantôt on frôle la grosse production pop, rappelant un peu Mario Pelchat voire Marc Dupré (en moins rock). Sa voix reste essentiellement dans le ton de la confidence. Efficace pendant quelques pistes, surtout lorsque les sujets s’y prêtent, mais parfois il manque quelque chose pour que «la toune lève», surtout un refrain efficace, l’élément le plus important de la pop. Par exemple, Revers offre des paroles qui semblent très personnelles, avec un sujet assez universel. Mais sans refrain solide, on reste sur notre faim.

Mais il y a aussi des chansons comme la pièce-titre L’envers de ma vie : une sonorité plus électro-pop, et une ligne vocale plus active, donnant un refrain plus dynamique, un des seuls véritablement accrocheurs de l’opus. Pour La fille du pays des marins, cette histoire requiert le ton que Jean-François Beaupré utilise tout au long de l’album, ce qui rend justice au sujet, ici.

Mention également à l’interlude Strada (adagio), un morceau instrumental aux intonation cinématographiques. Un petit deux minutes très appréciées qui mène tout doucement à l’histoire de Le chevalier et l’oiseau.

Pour un premier album, Jean-François Beaupré a su bien s’entourer et a offert un produit bien ficelé. Ce n’est pas aussi accrocheur que de la vraie musique populaire, visant probablement un public plus mature qui s’intéressera réellement à ce qu’il chante, et les influences musicales qu’on croit reconnaître semblent confirmer cette hypothèse. Si le comédien souhaite consacrer plus d’énergie à sa musique, il devra continuer le travail sur sa voix s’il veut ouvrir davantage son registre, ouvrant aussi les possibilités mélodiques.

À écouter : L’envers de ma vie, Strada (adagio), Le chevalier et l’oiseau

7,3/10

Par Olivier Dénommée

Une réflexion au sujet de « L’envers de ma vie – Jean-François Beaupré »

  1. Un album abouti, touchant, enlevant, de la musique comme on a peu l’occasion d’entendre au Québec, des paroles profondes et une interprétation incarnée ! votre 7,3 est sévère ! Encourageons les nôtres au lieu de les annoncer « beiges » lorsqu’ils sont si originaux et colorés !

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