Touche moi pas là – Les Hôtesses d’Hilaire

Hotesses_dI_Hilaire_coverSort le 30 octobre 2015

La réputation d’«ovni musical» des Hôtesses d’Hilaire n’est plus à faire : le band a tout de même l’occasion pour une troisième fois de le rappeler avec son nouvel album, sympathiquement intitulé Touche moi pas là. Musicalement, on explore le côté psychédélique des années 1970. Pour ce qui est des paroles… c’est étrange, mais dans le bon sens.

Avertissement d’entrée de jeu : l’album peut prendre quelques écoutes avant d’être apprivoisé. Ce qui n’enlève pas ses principales qualités : il est résolument surprenant, original et rafraîchissant. Les Hôtesses d’Hilaire ne se prennent pas au sérieux et s’amusent pleinement et ça nous suffit pour apprécier le travail qu’on peut entendre.

Prenons l’Intro. On nous plonge dans un univers 8-bit pendant quelques secondes avant d’y aller avec des voix qui crient «mouton» en donnant des ordres. 46 secondes et on se demande ce qui vient de nous arriver. Mais pas le temps de trop se questionner car déjà on passe à Machine à bière, d’un rock rentre-dedans à souhait. Presque aussi intense en musique, Regarde-moi frappe encore plus fort dans le thème, une critique de l’égocentrisme qui semble gagner en popularité grâce aux médias sociaux notamment. Car si le groupe semble parfois s’amuser à dire n’importe quoi dans ses paroles, ici il vise juste et éveillera certaines réflexions.

Fais faillite pourrait aisément être repris dans des infopubs sur les bienfaits d’une faillite. Elle est sympathique, terriblement accrocheuse dans son refrain et, étrangement, convaincante pour vrai. «Le système vous a fourrés, ben fourrez l’système!» Il marque un point là!

La pièce la plus surprenante est probablement le monologue de C’est Glen qui l’a dit. Dix minutes à parler de micro-ondes, de la technologie qui va prendre le monde et des défauts de notre société. La spontanéité la rend particulièrement «attachante». On a, malgré nous, envie de connaître la suite des commentaires de Glen qui s’est «révolté contre le micro-onde».

Par la suite, la plupart des chansons évoquent essentiellement deux choses : des chansons de Daniel Boucher (La fin, Donne-moi pas ton cœur), et le parler d’Elvis Gratton (Hilaire au Mexique). Mention pour la finale, une seconde partie après Donne-moi pas ton cœur, où les musiciens se discutent en riant de comment rendre leurs tounes plus compliquées. Ça m’a arraché un sourire.

Décidément, c’est dans le ton des chansons que l’on retrouve le charme de Touche moi pas là. C’est un album qui, tout en se situant dans le passé musicalement, touche à des sujets intemporels abordés de la façon la plus ridicule possible. Un peu comme un épisode de Family Guy, c’est drôle au premier degré, mais on peut aussi creuser un deuxième degré pour l’apprécier davantage. Cet opus a beaucoup à offrir et mérite très sérieusement quelques bonnes écoutes.

À écouter : Regarde-moi, Fais faillite, C’est Glen qui l’a dit

8,2/10

Par Olivier Dénommée

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