Opononi – Oromocto Diamond

OpononiSorti le 28 avril 2015

Sam Murdock et Jean-Sébastien Grondin forment le duo Oromocto Diamond, un étrange ovni musical québécois. Sur son album Opononi paru au printemps 2015, le groupe semble faire une fixation sur la lettre O, qui débute chacun des 11 titres (incluant la piste cachée) de la galette. Quant on style, on entend du punk, du garage rock et du rétro, le tout sans ordre particulier.

Les cinq premières secondes de la chanson-titre Opononi sont trompeuses, mais sont résolument rétro. Le gros son sale nous saute dès lors à la figure, présentant un mixage qu’on devine volontairement douteux. Imaginez des chansons du vieux punk, en plus agressif et avec encore plus de disto, et on s’approche de ce qu’on entend ici pendant à peine deux minutes.

Les autres pistes naviguent vaguement dans une ambiance similaire avec parfois plus d’expérimentations, parfois plus de «douceur». Osoyoos, Osamu et O O O O (avec du sax particulièrement free) penchent dans la première catégorie, alors que Ouroboros (avec un jeu d’orgue rappelant The Doors), Opera et Osorio (bel ajout d’un violoncelle dans la première moitié) se retrouvent plutôt dans la seconde.

Mention spéciale à l’organiste invitée Jane Ehrhardt qui apporte toujours une touche réconfortante à travers cette musique bien difficile à cerner, même après plusieurs écoutes.

L’album Opononi  est clairement un album concept, mais celui-ci n’est pas extrêmement évident à comprendre. Et consulter le livret ne fait qu’ajouter à cette confusion.

L’album, assez massif, dure techniquement 60 minutes. Techniquement, car la piste cachée Ohno Beach en dure 30 minutes à elle seule, mettant un bruit de vagues constant, auquel s’ajoutent des musiques ou des explorations sonores de temps à autres. Le dernier bout, commençant à 25:52, présente une très belle mélodie au piano et aux cordes, terminant le tout en douceur. Malheureusement, le bruit des vagues reste très présent, mais il semble que cette musique soit tirée d’un autre artiste, alors il serait possible de l’entendre ailleurs!

L’écoute de cet album n’était pas la plus simple, loin de là. Il y a un énorme processus de réflexion derrière la création de Opononi, même si ce n’est pas aisé de bien le saisir. Cet album s’adresse avant tout aux amateurs de musique lo-fi et des concepts très abstraits, et fera malheureusement fuir une bonne partie des autres. Préparez-vous mentalement à cette écoute, car vous n’en sortirez probablement pas indemnes!

L’album peut être entendu sur Bandcamp.

À écouter : Opononi, Ouroboros, Osorio

6,8/10

Par Olivier Dénommée

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