Each Other – Aidan Knight

EachOtherSorti le 22 janvier 2016

Aidan Knight et son groupe font dans le indie rock à saveur expérimentale. Quatre ans après sa dernière sortie studio, le band de Colombie-Britannique fait un retour, avec Marcus Paquin à la production et Mathieu Parisian au mixage, deux qui sont habitués de travailler avec des gros noms de la scène indépendante… Pensons seulement à The National, Patrick Watson ou Karkwa. Le nouvel opus, Each Other, propose un son très particulier pour l’oreille; assez doux et lourd à la fois.

C’est tout en douceur que la pièce-titre démarre l’opus. Quelques notes de guitare, puis la voix du chanteur se fait entendre. Une fois morne, mais étrangement réconfortante. Ce n’est pas sans rappeler celle d’autres artistes du même registre, comme Jimmy Hunt ou Will Driving West. Avant qu’on ait le temps de se demander à quoi ce début de chanson ressemble vraiment, l’énergie change pour quelque chose plus chargé, mais tout de même très aérien. Une minute après, on change de nouveau, nous amenant vers davantage de lourdeur avant de s’adoucir (encore). Ces montagnes russes ne dureront que 4 minutes 13, laissant à peine le temps à chaque thème d’être apprivoisés. Mais c’est étrangement très bien ficelé et on ne sent pas trop qu’on saute du coq à l’âne sans que ce soit justifié. De plus, cette première chanson donne le ton de l’opus et de ses diverses facettes. Bref, une bonne intro pour cet album!

La bonne nouvelle, c’est que ce n’est pas à seule à être aussi fascinante à écouter et réécouter. Beaucoup des morceaux de cet album se situent dans le registre lent, offrant de la musique chargée en émotions, ce qui contraste avec la voix, plus neutre. Pensons à All Clear et à The Funeral Singers (particulièrement solide au refrain), des chansons accrocheuses qui se savourent mieux les yeux fermés.

En fait, après les trois premières chansons, aussi fortes les unes que les autres, on assiste à une certaine baisse de régime. Les titres suivants n’ont pas cette même efficacité, cette même intensité. Il y a bien la fin de The Arp qui lève un peu plus, mais règle générale, la suite n’est pas aussi puissante que le début d’album, qui démarrait en lion.

You Are Not Here, avant-dernière chanson, revient un peu à la rescousse, juste avant Black Dream, une finale guitare-voix laissant un peu amorphe.

Le déséquilibre s’entend surtout lorsqu’on écoute attentivement la musique de l’album. Une écoute en musique de fond, ou en lecture aléatoire règlerait assurément le problème. C’est dommage parce que le début de l’album laissait entendre quelque chose d’aussi fort du début à la fin. Tout de même, la complexité de l’opus s’entend tout de suite, mais s’apprécie somme toute assez rapidement. L’album sort en plein hiver, et ce n’est pas un hasard : le ton est fait pour les soirées froides, un peu déprimantes de la saison morte.

À écouter : Each Other, All Clear, The Funeral Singers

7,6/10

Par Olivier Dénommée

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