Solo – Michel Cusson

Michel Cusson soloSort le 29 janvier 2016

La réputation du compositeur Michel Cusson le précède, lui dont on se souviendra longtemps pour sa bande sonore de Séraphin : Un homme et son péché. Mais beaucoup semblent oublier que c’est aussi un guitariste hors pair et un grand jazzman. Son nouvel album, Solo, vient en quelque sorte rectifier le tir. Neuf pistes, neufs compos, où Cusson est seul avec ses guitares et son imagination.

L’histoire derrière le concept de l’album est particulière, et explique parfaitement le premier titre, Drowning Memories. Michel Cusson a récupéré des photos qu’une femme avait jeté à la mer, ne les retrouvant finalement que quelques années plus tard dans une boîtes. Cela explique une touche de mélancolie, surtout au début de la pièce. Et la longue improvisation qui s’ensuit ajoute à l’intensité; les mémoires se noient, mais ne sont pas tout à fait résignées à disparaître. Bonne entrée en matière.

La suite se veut tout aussi inspirante : les guitares dominent, évidemment, et nous transportent vers des rythmes d’ailleurs. En termes d’ambiance, on n’est d’ailleurs pas si loin des derniers albums de Jesse Cook ou de St Germain. La force de Michel Cusson : sa capacité de créer de belles montées, subtiles, et avec peu d’instruments. Ses plus efficaces sont probablement dans Found and Lost (Love Ya, Miss U), Life in a Grain of Sand, et tout particulièrement Looking Back on Destiny, coup de cœur personnel dans cet opus.

L’ensemble est très intéressant, mais cela n’immunise pas le guitariste contre les petites longueurs. Il y en a bien eu quelques-unes dans Hope Highway et Spanish Motel, mais rien pour miner l’expérience, heureusement! Quant à la finale, The Best of Us are Damaged, les sonorités électriques plus agressives laissent des sentiments mitigés, alors que l’album aurait pu se terminer sur une note plus modérée, pour mieux boucler la boucle.

C’est un excellent retour en solo pour Michel Cusson, aucun doute ici. Il n’a pas perdu la capacité de surprendre de d’offrir du très beau matériel, qui se savoure parfaitement en musique ambiante par exemple. Les saveurs du monde qu’on y retrouve sont bien dosées, et la simplicité de l’instrumentation de la majorité des pistes permet d’aller droit au but. Sans être un album parfait, on a la confirmation qu’il est toujours en forme et à encore quelque chose à nous faire découvrir.

À écouter : Drowning Memories, Looking Back on Destiny, Life in a Grain of Sand

7,9/10

Par Olivier Dénommée

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