Points On Jazz – Brubeck en tête

Points on jazzSorti le 12 février 2016

Le nom du band vend déjà la mèche : Brubeck en tête est un groupe se consacrant à donner un souffle différent aux œuvres du grand Dave Brubeck, qui nous a quittés il y a quelques années à peine. La particularité du band? Il met de l’avant les cordes (deux violons, un violoncelle et une contrebasse), avec bien sûr un piano et une batterie. Ajoutez des arrangements inattendus, et vous avez du jazz «de chambre» qui nous amène vraiment ailleurs.

Même dans le livret, on se moque un peu des œuvres trop connues et maintes fois reprises à toutes les sauces. Take Five et Blue Rondo à la Turk? Brubeck en tête ne s’est pas senti obligé de les reprendre dans l’album Points On Jazz.

Les huit premières pistes de l’opus forment une suite, naviguant volontiers entre jazz et classique, toujours sur la musique écrite par Dave Brubeck. Le Prélude débute lentement, et de façon presque dramatique, avant de laisser entrevoir le côté jazzy. Dès les premières minutes, on est fixés : cet album combinera à merveille ces deux univers qui semblaient irréconciliables pour bien des amateurs plus puristes.

Les mouvements s’enchaînent et explorent diverses facettes de la musique de Brubeck. Les plus mémorables sont probablement Blues (qui porte bien son nom), Fugue, l’intrigante Chorale, Waltz (qui rappelle un peu les arrangements du groupe Cordâme) et la finale de la suite, À la Turk. Cette dernière, sans être une version fidèle de Blue Rondo, reprend certains de ses éléments les plus mémorables, offrant une version agréablement surprenante.

Les autres pièces méritent aussi attention. Bradenburg Gate prend des airs particulièrement baroques, avec en prime un excellent solo du saxophoniste Michel Dubeau. Et que dire de Koto Song? Le erhu (violon chinois) joué par Marie-Soleil Bélanger amène l’œuvre à un tout autre niveau. Sublime. Brubeck en tête offre aussi une très, très efficace version de Forty Days. Pour boucler la boucle, on finit l’album avec une longue pièce lente, The Sermon.

L’album était un projet ambitieux, et le groupe, visiblement très préparé avant d’aller en studio, l’a relevé haut la main. Pas une pièce n’a pas été réinventée ici; chacune d’entre elles nous fait découvrir la musique d’une légende du jazz avec une perspective rafraîchissante. On en redemande déjà!

À écouter : À la Turk, Koto Song, Forty Days

8,6/10

Par Olivier Dénommée

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