La mécanique des jours – Jeanphilip

la-mecanique-des-joursSorti le 8 avril 2016

Jean-Philip Tanguay, alias Jeanphilip, livre depuis une dizaine d’année un pop-rock avec lequel il séduit autant un public québécois que français. Son quatrième opus, La mécanique des jours, est le premier que je découvre et frappe par la force de ses textes et le côté accrocheur de sa musique.

Les grosses guitares et la batterie accueillent nos oreilles dès les premières secondes de Limoilou, introduction à l’album. Ce premier titre a quelque chose de particulier dans son interprétation : elle sonne comme un live, et avec raison : l’enregistrement de l’album a été fait dans cet esprit, pour plus de spontanéité de la part des musiciens. Par contre, La route, juste après, est beaucoup plus polie musicalement, même si l’album complet a tenté d’être enregistré de cette même façon. Ce sont les morceaux plus rock et blues qui profiteront le plus de cet esprit, comme Roi des cons, Blancheur (chapeau à l’excellent solo de guitare), En bas de chez moi, L’inconfort de l’attente,  la chanson-titre La mécanique des jours (la tension y est impeccable, surtout dans la seconde moitié de la chanson), Lac Sept-Îles et L’amour plante.

Mention spéciale à Détour, qui marquera par une ligne de basse particulièrement efficace, qui complimente très bien l’ensemble de la chanson.

Une précision s’impose pour la fin de l’album : ceux qui se procurent La mécanique des jours en version CD ou numérique auront droit à L’amour plate, une chanson bonus, à la fin de l’opus. Sinon, la conclusion de la version vinyle est Lac Sept-Îles, un morceau instrumental aux tendances plus électroniques qui finit le tout sur une note un peu étrange. L’amour plate, quant à elle, offre un rock bien senti, plus proche de ce à quoi l’album nous avait habitué.

L’écoute de plusieurs chansons a quelque chose de très familier : Roi des cons est écrit dans un ton irrévérencieux, et aurait très bien pu être écrit par les Sons of Butcher s’ils étaient francophones; et l’interlude (?) Sans trop savoir rappelle beaucoup le début de Rusted Walls de Kim Churchill. Quelques autres chansons ont un ton qui rappelle les succès rock du milieu des années 2000. Aucun nom précis ne m’est venu en tête pour ces références, mais j’ai, il me semble, rajeuni de 10 ans en écoutant l’album.

L’album La mécanique des jours offre de bons compromis : son rock y est présent, solide et assumé, mais ne prend pas toute la place sans partage. Les morceaux plus doux rappellent le côté plus pop, et plus soigné, de Jeanphilip. Quant au ton des paroles, il offre parfois place à une certaine poésie alors que parfois on y va plus directement. L’«accent» québécois présent mais pas trop prononcé de Jeanphilip plaît aussi vraisemblablement à son public français sans le dénaturer ici. Si vous voulez écouter du bon rock qui ne passe (malheureusement) pas à la radio commerciale, vous devriez considérer les chansons de cet album.

À écouter : La route, Détour, Blancheur

7,8/10

Par Olivier Dénommée

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