Le silence des chiens – Moran

MORAN-le-silence-des-chiensSorti le 15 avril 2016

Jeff Moran, plus souvent abrégé à Moran, se fait connaître pour ses textes profonds et sa voix lourde mais feutrée. Son quatrième album pousse le tout encore plus : seul avec son ami, le guitariste Thomas Carbou, il a enregistré treize chansons en fin 2015. Des chansons très introspectives où on n’a essentiellement besoin que de guitares et de la voix du chanteur pour saisir toute la force du projet, intitulé Le silence des chiens.

À l’honneur, beaucoup de chansons lentes et au caractère plutôt lourd : Merveilleux, la première chanson, en est le meilleur exemple. Extrêmement minimaliste, autant dans l’instrumentation que dans les mélodies, elle met de l’avant toute la profondeur des textes de Moran. La formule sera répétée souvent à travers l’opus, avec beaucoup d’efficacité. Il faut tout de même reconnaître certaines variantes intéressantes : l’ajout de la voix plus aérienne de Carbou, notamment dans la chanson-titre Le silence des chiens et J’ai vu l’ours, le côté très aérien de Chez toi, l’émotivité palpable de Mémoire ou le registre parlé de Figlie.

Mention également aux deux titres incluant des chanteuses invitées : Tic-tac, avec nulle autre que la conjointe de Moran, Catherine Major, qui arrive à suivre son ton feutré, et Soirs de scotch, une reprise de la chanson de Luce Dufault… avec Luce Dufault.

Au milieu de cet album à tendance acoustique, certains morceaux plus surprenants se prennent assez bien : pensons à La chute qui, avec ses sonorités électriques, prend un ton plus tendu, et à Crache ta salive, qui met les paroles en second plan pour se concentrer sur l’ambiance et l’énergie de l’œuvre.

Entendons-nous : Le silence des chiens n’est pas un album qui annonce l’été, bien au contraire. Son ton lourd semble plus approprié pour l’automne grisonnant ou l’hiver, période à laquelle il a justement été enregistré, mais il est d’une grande force, tout en restant dans la simplicité. Et au fond, il n’y a pas de période de l’année spécifique à l’introspection, alors pourquoi pas? Le seul bémol, c’est que l’on sent quelques répétitions dans la seconde moitié de l’album comme on a droit à une énergie très spécifique pendant 45 minutes. Ceci n’enlève pas que, lorsque le mood est le bon, on a très probablement affaire ici à un des meilleurs albums de l’année.

À écouter : Merveilleux, Le silence des chiens, Mémoire

8,2/10

Par Olivier Dénommée

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