The Rough Guide to Bollywood Disco – Compilation

Bollywood DiscoSorti en 2014

Faites-vous une image mentale : une piste de danse disco, avec ses lumières, ses boules en miroir, ses afros, ses pantalons éléphants, mais surtout sa musique entraînante à souhait. Maintenant, imaginez les clichés de la scène Bollywood : les lois de la physique bafouées, les sonorités extravagantes, les vêtements abusivement colorés et les moustaches qui inspirent le respect. Maintenant, fusionnez ces deux univers, déjà éclatés, ensemble. Il y a de très fortes chances pour que cette bête, le disco Bollywood, sonne exactement comme vous l’imaginez. La collection Rough Guide propose une compilation qui regroupe certains bijoux de ce style ô combien cliché, mais étrangement parfaitement efficace.

Avant de parler de la compilation, une mise en contexte s’impose. Le Bollywood aime, ADORE, les effets spéciaux un peu kitsch. Cela fait le charme de cette musique avec ses sons de laser parsemés ici et là. Aussi, il faut savoir que beaucoup des œuvres qu’on retrouve ici sont basées sur des chansons connues. Vous reconnaîtrez à coup sûr des classiques du disco, chantés dans différente langue et avec des arrangements auxquels vous n’auriez jamais osé rêvé. Finalement, il faut savoir que les artistes du registre font des chansons relativement longues. Il y a bien des pistes de 3 ou 4 minutes, mais beaucoup de chansons dépassent les 5 minutes. Soyez prêts mentalement.

La première piste de la compilation vous sera particulièrement familière : Auva Auva Koi Yahan Nache (par Usha Uthup et Bappi Lahiri) sa base très ouvertement sur le classique Radio Killed the Radio Star de Buggles. La dynamique est très différente, mais cette chanson a définitivement son charme. Et cette traduction contient son lot d’illusions auditives. Cette piste ne sera pas à seule à reprendre des airs connus (ajoutons déjà Ishq Da Rog Bura par Lata Mangeshkar et Vinod Rathod), mais c’est de loin le plus évident de la compilation.

D’autres chansons vont intégrer des éléments plus éclatés encore : le début de Chand Mera Dil Chandni Ho Tum (par Mohammed Rafi) intègre des sonorités jazz, alors que celui de Hari Om Hari (de Usha Uthup) est funky à souhait. Quant à Aao Twist Karen (par Manna Dey), on apprivoise des sonorités qui s’approchent davantage du bon vieux rock’n’roll. Et que dire des sonorités estivales du début de Jooma Chumma De De (par Sudesh Bhosle et Kavita Krishnamurthy)? Dommage, cela se transforme en des cris l’essentiel de la chanson.

Parmi les pistes mémorables de The Rough Guide to Bollywood Disco, comptons Boom Boom (on a le mérite de savoir d’avance le genre d’effets sonores qu’on y entendra), avec une ligne de synthé omniprésente, mais accrocheuse, qui ajoute au côté rétro de la chanson de Nazia Hassan. Mention également à Dance Dance de Salma Agha, qui donne vraiment envie de taper du pied.

Ceci étant dit, il faut reconnaître qu’une compilation de Bollywood Disco ne s’écoute pas dans n’importe quel contexte. Difficile de trouver une occasion adéquate pour l’écouter : pas assez sérieux pour être écouté attentivement, et trop déconcentrant pour être mis en musique de fond. Il faut donner à ce genre musical qu’il est extrêmement difficile d’être vraiment de mauvaise humeur après en avoir écouté. Et, fait vécu : cette compilation rend vos voyages en voiture infiniment plus courts.

Bonus : The Rough Guide to Kishore Kumar

Parce qu’une compilation de 66 minutes n’était pas assez Rough Guide ajoute un second disque, The Rough Guide to Kishore Kumar. L’artiste se retrouvait également dans le premier disque, et bien qu’il n’offre pas le matériel le plus éclaté de la liste, cela fait du bien d’entendre une certaine constance dans cette musique plus éclatée d’une piste à l’autre. En fait, Kishore Kumar (1929-1987) était non seulement chanteur et musicien, mais aussi acteur et réalisateur de films. Il a offert une musique disco beaucoup plus proche de la réalité nord-américaine, en mélangeant plusieurs influences, allant jusqu’à la musique électro et dance, aux sonorités étonnamment très actuelles (c’est particulièrement frappant pour Zindagi Ek Safar Hai Suhaha). La principale différence : la langue. Et aussi l’ajout occasionnel du yodel.

En fait, cette compilation dédiée à cette légende du Bollywood pourra probablement davantage être utilisée en musique de fond pour une soirée rétro; après quelques verres, plus personne ne se demandera ce qu’il chante, de toute façon.

Curieux d’entendre ce que l’album contient? Il est possible d’écouter des extraits ici.

À écouter : Boom Boom, Hari Om Hari, Ishq Da Rog Bura

7,7/10

Par Olivier Dénommée

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