Chaim Tannenbaum – Chaim Tannenbaum

ChaimTannenbaum_Cover_Hi_Res_Square_Sorti le 27 mai 2016

Dans l’entourage des McGarrigle-Wainwright, le nom de Chaim Tannenbaum est synonyme de légende : le professeur d’université à la retraite a réussi à se faire un nom sur la scène folk après une cinquantaine d’années de carrière, tout en restant dans l’ombre. Pour la première fois à 68 ans, le musicien montréalais lance un album solo.

Le nom de l’artiste m’était inconnu avant de recevoir cet album éponyme. Mais son histoire a quelque chose d’extrêmement impressionnant. Le livret en décrit une bonne partie, notamment dans les mots de son ami Loudon Wainwright III, aussi un de ses plus proches collaborateurs (il chantera d’ailleurs avec lui sur plusieurs chansons de l’album). Avec de telles prémisses, les attentes sont très, très élevées quant à ce qui nous attend musicalement.

L’album débute avec une version de Farther Along. Selon le livret, elle a été enregistrée en 1998 dans le studio maison de Tannenbaum, alors qu’un album solo devait voir le jour, mais n’a finalement jamais eu lieu. Ce qui frappe immédiatement, c’est sa voix, qui a une douceur berçante, mais qui reste précise et assurée.

Notez que le reste de l’album a été enregistré récemment. On a droit à un peu de tout : beaucoup chansons minimales, mettant bien de l’avant le talent vocal du chanteur, mais aussi quelques morceaux plus fournis musicalement, qui montrent les diverses inspirations de Tannenbaum. Si toutes ont quelque chose d’intéressant pour la petite histoire (on peut retrouver des notes pour la plupart des chansons dans le livret par l’artiste), certaines retiendront aussi l’attention pour leur sens de la mélodie. Coal Man Blues, Moonshiner, Mama’s Angel Child, sa composition London, Longing for Home, Business Girls, la compo Brooklyn 1955, It’s Only a Paper Moon, (Talk to Me of) Mendocino de son amie Kate McGarrigle et la composition Belfast Louis Falls in Love en font partie. Elles ont toutes en commun le fait que ce sont des chansons lentes et douces, versus les titres plus chargés où on perd le côté intimiste si efficace de Chaim Tannenbaum. Le seule chanson qui dérangera certaines oreilles sera la finale Paddy Doyle, en duo vocal avec Loudon Wainwright III. Elle ne dure qu’une minute, mais elle brise un peu l’ambiance créée le reste de l’opus. On remarque aussi que la plupart des pistes sont très courtes, dépassant rarement trois minutes, sauf les compositions de Chaim Tannenbaum, plus élaborées.

Il est fascinant de voir que l’artiste ait attendu si longtemps avant de faire cet album. Avec autant d’années d’expérience derrière lui et une carrière aussi remplie même en sideman, il n’est pas surprenant que cet opus ait un petit quelque chose de nonchalant, sans pression. On aurait pu s’attendre à quelque chose de réglé au quart de tour, mais on a finalement affaire à une petite pièce d’anthologie qui vient faire plaisir à ceux qui suivent le musicien depuis tant d’années. Pour les autres, ce sera simplement un bon petit album de folk.

À écouter : Coal Man Blues, London, Longing for Home, Business Girls

7,7/10

Par Olivier Dénommée

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