A Second Chance – Just Wôan

Just Woan A second chanceSorti le 30 juin 2016

L’artiste camerounais Just Wôan vit à Montréal depuis 2012, proposant une musique hydride entre la musique pop et rock locale et des saveurs de son pays d’origine. Cela s’entend autant dans les rythmes chauds que dans ses paroles, chantées en majorité en bafia, une des nombreuses langues entendues Cameroun.

Son troisième opus, A Second Chance, était en cours de production quand les attentats à l’aéroport de Bruxelles ont eu lieu… Le hasard a voulu que l’artiste s’y trouvait, ce qui a grandement influencé sa vision de la vie et aussi de sa musique qui est, ironiquement, plus ensoleillée que jamais. Et, bien sûr, aussi très engagée.

Les premiers instants de Ngueté mettent de l’avent son grand talent de vocaliste avec une technique qui n’est pas sans rappeler Bobby McFerrin. Bien que cette première piste, une intro à l’opus, n’est pas représentative de la suite, elle démarre le tout avec force et nous donne déjà une bonne idée du sérieux de la production.

Poursuivons avec Dunia, qui offre des airs pop sur es influences world. Évidemment, ses paroles en bafia ajoutent à l’exotisme de la chanson. Ajoutons à cela une guitare intense, quoique un peu en arrière-plan, et un côté planant dans les voix, et le portrait est complet. La plupart des chansons de l’album profitent de ce métissage culturel entre l’Afrique et l’Amérique du Nord, et Just Wôan semble avoir trouvé le bon dosage sur une majorité de pistes. Que l’on pense à la groove de plus en plus contagieuse de Woa, à la chargée Bessou, ou à la puissante ballade rock Tata Flora, les chansons ne manquent pas dans cet album. La chanson-titre A Second Chance mérite particulièrement mention. Bien que la majorité de la chanson soit chantée en bafia, le refrain est en anglais, ce qui nous permet de comprendre que la seconde chance doit être donnée à son continent d’origine, l’Afrique.

Exceptions : les percussions de Bell à Bozi occupent un peu trop d’espace, ce qui nous distrait du reste. On doit aussi admettre que la finale, Bafia Spirit, très ambiance, paraît faible surtout après Tata Flora.

Just Wôan fait partie de cette vague d’artistes montréalais qui apportent un vent de fraîcheur en même temps que leur culture, tout en incorporant des influences nord-américaines. Le résultat, ici, est plus que satisfaisant, avec des compositions inspirées, et des arrangements éclectiques. L’album A Second Chance se savourera très bien cet été, que vous compreniez les paroles ou non.

À écouter : Dunia, Woa, Tata Flora

7,9/10

Par Olivier Dénommée

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